Présentation/ E icinakok    

Le principal objectif du projet Atikamekw Kinokewin et de ce site internet est de favoriser la valorisation et la transmission des savoirs atikamekw sur le territoire. Ces savoirs sont multiples et adaptés à l’environnement de la forêt boréale. Ils reflètent une connaissance approfondie et intime du cycle saisonnier et des « humeurs » du territoire; du monde animal, qu’il s’agisse de l’ours, de l’orignal, du castor ou du lièvre; et du monde végétal, qu’il s’agisse des essences d’arbres, des types d’écorces et de racines ou des plantes médicinales. Depuis l’avènement des communautés et l’abandon d’un mode de vie nomade, certains de ces savoirs ont été oubliés. Dans l’ensemble, toutefois, ces savoirs sont encore très vivants et mis en pratique au fil des saisons. Les connaissances et les activités liées à la chasse, aux gros et aux petits gibiers, à la pêche, au tannage de peaux ou à la fabrication d’objets divers (raquettes, canots, paniers, vêtements…) sont encore pratiquées aujourd’hui, bien qu’avec une fréquence moindre que du temps où les Atikamekw Nehirowisiwok vivaient une vie autonome sur leurs territoires. La richesse et la multitude de ces savoirs et de ces pratiques contribuent à la fierté d’être un Atikamekw Nehirowisiw.

Il serait difficile, voire impossible, de répertorier tous les savoirs détenus par les Atikamekw Nehirowisiwok, qu’il s’agisse des savoirs liés à la chasse et au monde animal, à la pêche et au monde aquatique, à la cueillette et au monde végétal, ou encore au tannage de peaux et au travail de l’écorce – autant de domaines où excellent les Atikamekw Nehirowisiwok. Plus souvent qu’autrement, un savoir-faire s’acquiert par l’observation directe, la pratique et l’expérience sensible, et peut difficilement être décrit. Ainsi, aucune description écrite ou verbale ne remplace le fait de toucher une peau tannée afin d’en évaluer la souplesse; aucune description d’une piste d’orignal ne remplace le fait de pister cet original sur le terrain; aucune description d’une écorce de bouleau ne remplace la capacité de reconnaître la bonne écorce pour la fabrication d’un canot; et ainsi de suite.

 

Savoirs communs – savoirs spécifiques

Les savoirs présentés sur le site Atikamekw Kinokewin font partie des savoirs que l’on pourrait appelés « communs » (ou publics), soit ces savoirs qui sont transmis et partagés ouvertement, ceux qui sont accessibles à tous et nécessaires à la vie sur le territoire. Il existe aussi des savoirs « spécifiques », réservés à certaines familles ou certaines personnes; ces savoirs spécifiques sont transmis de manière « privée » et peuvent s’appliquer à une espèce animale ou végétale particulière. De plus, et bien que certains Atikamekw Nehirowisiwok possèdent une grande connaissance des plantes médicinales que l’on trouve sur le territoire et de leurs usages, il a été convenu que ces savoirs ne seraient pas partagés sur ce site.

Modes d’apprentissage et de transmission

Chez les Atikamekw Nehirowisiwok, l’apprentissage et la transmission des savoirs s’appuient d’abord et avant tout sur l’observation, l’expérience directe et sensible et la pratique. C’est en accompagnant un adulte ou un aîné, généralement un homme ou une femme de sa famille, en l’assistant dans ses tâches (chasse, pêche, broderie, tannage…) et en observant ses gestes, que le jeune apprend ce qu’il convient de faire et de ne pas faire. Viendra un moment où l’adulte ou l’aîné demandera au jeune de mettre en pratique ce qu’il aura observé.

À l’époque de la vie en territoire, c’est à l’âge de 15 ans environ que les jeunes hommes et les jeunes femmes avaient acquis les connaissances nécessaires pour être autonomes et responsables sur le territoire. Aujourd’hui, l’acquisition et la transmission des savoirs n’ont plus ce caractère systématique. Les membres des jeunes générations n’ont pas tous accès à ces savoirs et à la possibilité d’accompagner des chasseurs, de les assister dans leurs tâches, de participer à la collecte de l’écorce, au tannage d’une peau ou à la fabrication d’un mocassin.

À sa manière, le site Atikamekw Kinokewin vise donc à combler ce manque dans les processus d’acquisition et de transmission des savoirs. Tout en reconnaissant que ce site internet ne peut en aucun cas remplacer l’expérience directe et la pratique, nous espérons qu’il suscitera la curiosité et l’intérêt des jeunes générations. Autant que possible, nous avons cherché à documenter les savoirs par des descriptions, des récits, des extraits de vidéos et d’enregistrements sonores. Mais rien de tout cela ne saura remplacer une sortie sur le territoire ou une visite au campement familial…   

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