Tannage de peau

Ne pas effacer

« Aujourd'hui, lorsque je vois des mocassins, des raquettes et toutes les autres choses qu'on a fabriqués à partir de la peau d'orignal je ressens beaucoup de respect pour les personnes qui ont pris le temps de la tanner comme il faut, surtout à la manière des anciens. Il existe plusieurs étapes dans le tannage de la peau d'orignal (…).

Lorsqu'on parle de tannage, on se doit de connaître les outils  comme le grattoir (ticaskohikinatikw), la façon dont on place la peau pour enlever les poils courts (tcicaskohikew), le moment où la peau est prête pour être brunie (osowapisowakiniw) et suffisamment lisse (roskekisiw) pour être maniable et et étanche. »

Hervé Ottawa, Atikamekw Kinokewin, 2008.

Étapes du tannage de peau d’orignal   

D’abord, on doit commencer par enlever les poils. On enlève les poils longs avec un couteau (tcicowekicikanion) et les poils courts à l’aide du tibia de l’orignal (tcicowekicikanion).

Dépilage de peau

Ensuite, on met la peau sur un petit tronc de bouleau installé en diagonal (tcisaskwikan) pour la gratter (tcicaskihikanion) avec le tibia d’orignal jusqu’à ce qu’on voit la blancheur de la peau (tciscaskihikanion). On enlève la viande sur la peau (manicikatew wias) avec le grattoir en métal (matahikan) ou en bois et on la lave à plusieurs reprises (kitanakiniw) dans un contenant avec du savon. Chaque fois que l’on trempe la peau, on l’accroche sur un support en bois pour la tordre (sinaskohakiniw).

Une fois la peau sèche, on la tend sur le support en bois (cikipitakiniw) et on la frappe (otamekahatanion) avec un bâton en bois (otamikihitan) jusqu’à ce quelle devienne suffisamment souple.

On répète le processus : on la lave de nouveau dans l’eau savonneuse, on la tord, on la fait sécher, on la graisse avec de l’huile végétale et on l’assouplit. Les étapes peuvent changer selon la peau d’orignal.  Lorsque l’orignal est tué en hiver, la peau est plus épaisse. Avant de fumer la peau (osowapisakiniw), on peut donc la gratter (matohakiniw) afin de l’amincir, surtout dans la partie du ventre et du dos. La personne peut revenir d’une étape à l’autre si elle voit que la peau n’est pas prête.  Avec l’expérience, le tanneur ou la tanneuse sait à quelle étape il ou elle est rendu(e).

Avant de fumer la peau (osowapisakiniw), on attend qu'elle soit bien sèche, on bouche les petits trous avec des bouts de bois et on la coud sur le sens de la longueur pour bien la fermer. Sur la partie inférieure, on coud également un morceau de peau ou de toile afin d'éviter que la peau en train d'être fumée ne touche le sol directement (on évite ainsi de brûler la peau). On creuse un trou dans le sol dans lequel on prépare un petit feu fait avec des copeaux de bois mort (pokototek) comme du cèdre ou du sapin baumier. Certains préfèrent le cèdre parce qu’il agit différemment sur la peau (la rend plus étanche et facile à travailler).

On installe la peau au-dessus du trou à l’aide de perches en bois et on fait fumer la peau jusqu’à ce qu’elle devienne brunie. Avant que la peau soit fumée, elle s’appelle « mosuan » et une fois qu’elle est fumée, on l’appelle « pikekin ».  On découpe la peau non brunie en lanière (babiche - askimineapi) pour la confection de matériel comme des raquettes.

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