E atoskaniwok, e natohonaniwok acitc awesisak  

La chasse et les animaux

La valeur première et la règle de base qui guident et orientent la relation du chasseur atikamekw envers le monde animal sont celles du respect et de la réciprocité. Après tout, les humains et les animaux ne partagent-ils pas le même territoire, ne fréquentent-ils pas le même univers forestier? Les humains et les animaux respirent le même air, foulent le même sol, boivent la même eau et utilisent les mêmes arbres. Le respect envers l’animal est ainsi la valeur qui anime l’Atikamekw Nehirowisiw. C’est seulement lorsque le chasseur adopte cette attitude de respect que l’animal - l’ours, l’original, le castor ou le lièvre - acceptera de se « donner » au chasseur. Il s’agit là en quelque sorte d’un contrat social qui lie, depuis des temps immémoriaux, les humains et les animaux.  Toute entorse à cette attitude de respect peut provoquer le départ ou la diminution d’espèces animales. Les animaux sont certes des ressources et de la nourriture, mais ils ne sont pas que cela. Ils sont aussi en quelque sorte des voisins, des partenaires, ceux avec qui l’on partage la forêt.

C’est dire aussi que le savoir technique du chasseur, bien qu’indispensable, ne suffit pas nécessairement à une chasse fructueuse, encore faut-il que l’animal accepte de se « donner », de « donner » sa vie afin que vivent le chasseur et sa famille. Pour diverses raisons (feux de forêt, coupes forestières, manque de ressources, construction de barrages…), il peut arriver que certains animaux désertent un territoire ou que leur nombre diminue passablement, pour une période de temps plus ou moins prolongée. En général, les chasseurs atikamekw peuvent expliquer ces situations en s’appuyant sur leur connaissance profonde de l’écologie du territoire et des habitudes et besoins des animaux. Ils ont aussi parfois d’autres explications. 

Un aîné de Manawan (rencontré en 1997 par Jean-Marc Niquay)  fait référence ici à une époque où le castor avait disparu du territoire (dans les années 1940) :

« Les aînés avaient dit : « Un jour le castor reviendra, il reviendra ». « Il a plongé » disaient quelques aînés. « Il a plongé, mais un jour il refera surface ». C’est ce que les aînés avaient dit à l’époque. On ne verra pas le castor à la surface. Il restera sous terre. Mais on ne sait pas où sous la terre. Et quand les castors sauront que leur nombre a augmenté, ils referont surface. Ils referont surface quant ils sauront qu’ils sont assez nombreux pour se donner en nourriture. Tous les animaux ont toujours fait de même, même l’orignal et le chevreuil. »

Une des principales marques de respect que les chasseurs atikamekw témoignent envers les animaux est celle de ne rien gaspiller de ce que l’animal a consenti à lui « donner », à lui « offrir ». Si l’animal a accepté de se « donner » au chasseur, le moins que celui-ci puisse faire en retour est de ne rien gaspiller de ce don. Rien ne doit être gaspillé et chaque partie de l’animal trouve son usage et son utilité. La viande (gibier et poisson) est consommée fraîche, ou alors elle est fumée ou séchée (et broyée) pour une consommation future; la peau est tannée et servira soit à la fabrication de vêtements, soit elle sera échangée contre d’autres biens; certains organes sont consommés ou utilisés à des fins médicinales; les tendons ont aussi leur utilité; les os sont tantôt transformés en outils, tantôt ils sont broyés et bouillis (ces bouillons sont riches en valeur nutritive; ils sont aussi utilisés à des fins médicinales. C’est ce que les Atikamekw Nehirowisiwok appellent Osikanapo).  

Une autre marque de respect envers les animaux est très certainement celle de s’assurer de la reproduction de l’espèce. Ainsi devant une colonie de castors, le chasseur atikamekw s’assurera de ne prendre que le nombre de prises dont il a besoin, laissant à la colonie la possibilité de se reproduire….assurant dès lors la pérennité de la colonie et de la chasse pour les saisons futures. Le chasseur atikamekw se doit d’avoir une vision à long terme… Ce respect envers les animaux se manifeste aussi à travers certains rituels de chasse pratiqués autrefois, comme celui d’accrocher aux branches des arbres les crânes des animaux tués à la chasse, afin qu’ils ne soient pas mangés par les chiens et que leur esprit puisse continuer de vivre. C’est aussi une façon de veiller à la perpétuation de l’espèce.

Un aîné de Manawan (rencontré en 1997 par Jean-Marc Niquay) parle ainsi de ce geste rituel qui n’est plus pratiqué aujourd’hui :

 « Les crânes d’ours, les crânes de castors, de lièvres et aussi d’orignaux. Ils les accrochaient aux arbres, ils en prenaient soin. C’était pour pouvoir en tuer davantage, c’est pour ça qu’ils faisaient ça. Ils les enfilaient et les accrochaient. Souvent je les ai vus faire. Ce n’était pas pour se vanter qu’ils avaient pris beaucoup de lièvres, c’était pour en prendre soin (l’esprit de l’animal) qu’ils faisaient ça. Par attention et par respect pour l’animal. Tous les indiens faisaient ça, partout, à Maniwaki jusqu’à la Baie James. » 

Encore aujourd’hui, certaines familles atikamekw soulignent par un makocan le premier gibier tué par les jeunes chasseurs. Cette pratique, très répandue autrefois, est évoquée par un aîné d’Opitciwan (rencontré en 1997 par Jean-Marc Niquay) : 

« J’étais jeune mais capable de me débrouiller. J’accompagnais ma mère pour aller lever le filet…c’est alors que j’ai vu un huard qui amerrissait. J’ai dit à ma mère : « Il y a un huard qui vient d’amerrir ». Ma mère était en tain de lever le filet, elle a dit « Tires-le ». Nous avions un petit fusil qui était très court. Je l’ai pris et j’ai tiré. Nous étions seuls, ma mère et moi; mon père et mon frère étaient partis poser des pièges pour le rat-musqué. J’ai  tiré et je l’ai atteint à la tête. Ma mère a tout de suite laissé  le  filet, elle a dit « On va aller le voir parce qu’il peut revenir à lui ». On est allé chercher le huard et on l’a ramené. De retour au campement, ce n’est pas moi qui l’ai débarqué, c’est ma mère. Mon grand-père était en vie mais il ne voyait plus. Il le savait mon grand-père, il a dit « Qu’est-ce qu’il a encore tué celui-là? ».On lui a répondu « Il a tué un huard ». C’était la première fois que je tuais un huard. Mon grand-père a dit de le plumer; c’est ce que ma grand-mère a fait. Elle l’a préparé pour la cuisson. On l’a cuit, prêt à être mangé. Après, on s’est mis en cercle. On m’a invité à m’assoir à côté de mon grand-père. Et puis, je m’assoie au milieu pendant le makocan. On faisait un makocan avec le huard. C’est parce que c’était la première fois que je tuais un huard, c’est pour ça qu’on faisait ça. On donnait aussi la  graisse du huard pour se la mettre dans les cheveux. C’était la même chose avec la graisse de la peau d’orignal. Quand ils faisaient un makocan.  Quelquefois, ils buvaient la graisse avec une cuillère. C’est ce qu’on faisait autrefois. »  

Mamo atoskewin 

Chez les Atikamekw Nehirowisiwok, la chasse se pratique très souvent en groupes, ou du moins à plus d’un chasseur. L’expression mamo atoskewin désigne un tel groupe de chasseurs et les activités qu’ils pratiquent « ensemble ». Les hommes cherchent généralement à s’adjoindre un compagnon de chasse, un parent ou un ami. C’est « ensemble » qu’ils parcourent le territoire, font la chasse, la trappe et la pêche; c’est « ensemble » qu’ils ramènent à la maison les produits de leur labeur; c’est « ensemble » qu’ils les partagent. Cette pratique a plusieurs avantages. Un des avantages étant que plusieurs des activités liées à la chasse, à la trappe et à la pêche peuvent être exigeantes physiquement et nécessitent plusieurs personnes. De plus, si un événement malheureux ou un accident devait survenir, les chasseurs pourront alors s’entraider. Cette pratique permet aussi de partager, à la fois les ressources et les savoirs. Le principe de l’invitation wicakemowin est étroitement lié à cette pratique de chasser « ensemble ».  

Durant la saison d’été, seul ou accompagné, le chasseur atikamekw visite l’étendue de son territoire afin d’en évaluer l’ « humeur » et les ressources.  Tipahiskan désigne cette pratique de reconnaissance de son territoire. C’est aussi l’occasion, par exemple, de repérer les colonies de castors ou encore de délimiter son aire de chasse et de trappe pour la saison à venir en faisant des entailles sur les arbres (wasikahikan).  La chasse  Les Atikamekw Nehirowisiwok distinguent deux types de chasse. Atoske ou Atoskewin réfère à une chasse qui ne vise pas prioritairement des fins de consommation, mais où l’animal tué sera utilisé à d’autres fins : fourrure, médecines...  

Ntoho ou Ntohowin désigne une chasse à des fins de consommation. Chasser un renard (atoske); chasser un original (ntoho), même si l’orignal sera utilisé à d’autres fins que des fins de consommation.

Les savoirs liés à la chasse proprement dite (en excluant les armes, les outils et les matériaux nécessaires) comprennent les différentes étapes de la chasse :

- Les techniques de repérage et pistage. Celles-ci varient selon les espèces, la saison et le terrain;

- Les techniques d’approche. La direction du vent, par exemple, est un facteur majeur considérant que les animaux ont un excellent odorat. Pour approcher l’animal sans se faire repérer, il faut aller contre le vent;

-  L’utilisation du fusil et la  pose de collets;  

- Les techniques de dépeçage, d’éviscération et de découpage. 

Méthodes de conservation

Les petits gibiers sont généralement mangés rapidement. Quant aux gros gibiers et aux poissons, bien qu’une partie soit consommée peu après la chasse ou la pêche, il est fréquent qu’ils soient transformés et conservés pour une consommation future. Les Atikamekw Nehirowisiwok ont développé des méthodes de transformation et de conservation. La viande d’orignal ou de castor par exemple, ou le poisson, sera séché (et broyé) ou fumé afin d’être conservé pour une consommation future. L’automne et le pré-hiver où les ressources animales sont plus abondantes sont des saisons propices pour sécher ou fumer la viande; elle sera consommée ultérieurement, durant les mois d’hiver où le gibier se fait plus rare.  À l’époque de la vie nomade sur le territoire, la viande séchée et broyée se transportait plus facilement alors que les familles rejoignaient leur campement d’hiver. Les aliments étaient aussi très souvent stockés. Des provisions de viandes séchées ou fumées étaient conservées dans les caches, tecipitakan, en des lieux précis sur le territoire et nichées dans le haut des arbres. On les reprenait à la saison suivante lorsque l’on repassait dans le lieu en question.

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Mos (Orignal)

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Natoswaniwon : chasse à l’orignal (hiver)

La chasse à l'orignal (mos) requiert de bonnes et solides connaissances sur les habitudes de l'animal, sur le climat et les vents favorable à la chasse (l'odorat de l'orignal est très développé. Il est préférable d'avoir le vent de face pour camoufler son odeur). Les chasseurs doivent savoir reconnaître les empreintes et les lieux de trajectoires des orignaux. Ils ont également en leur possession des outils adéquats pour tuer l'animal et le dépecer et le transporter. Une fois l'animal tiré, il faudra connaître et prévoir les couloirs de fuite de l'orignal et avoir aussi des connaissances sur les techniques de poursuite et des moyens (cicikitotonan) que l’animal possède pour empêcher qu’on le poursuive. Cette chasse se pratique lorsque, de préférence, le vent vient du nord (kiwetin), avec des bourrasques violents et de la poudrerie. Il est alors plus facile de le poursuivre et  de l’atteindre. 

La chasse se réalise à des endroits où les chasseurs ont déjà aperçus des pistes d'orignaux. Au moment propice, les chasseurs iront vers les secteurs où il y a des chances de frapper et procéderont au call de l’orignal. L’appel à l’orignal s’effectue avec un appeau fait de pièce d’écorce (un pied carré) cousue avec des racines d’épinettes (Fabrication d'un appeau en écorce ). En langue Atikamekw, l’objet est désigné sous le nom de Kitohoswan. Il ne sera pas nécessaire d’attendre sur les lieux la venue de l’animal appelé. Les chasseurs pourront rester aux alentours ou retourneront au site de campement ou à la maison (si le lieu de chasse n’est pas trop éloigné).

Quand l’orignal est touché, il peut arriver qu’il prenne la fuite. Pour le poursuivre, les chasseurs doivent suivre les traces de sang de l’animal, visibles sur les feuillages, sur les rochers ou sur le sol. Habituellement, touché, l’animal ne se rend pas loin du lieu où il a été tiré. Alors, les chasseurs pourront procéder l’éviscération. Ils apporteront les abbats de l’animal au clan ou familles pour un premier festin. Le lendemain, les chasseurs prendront le soin d’inviter les membres des familles ou du clan et des amis pour le partage de la viande de l’animal. Pendant la coupe des principales parties de l’animal, des femmes et des hommes prépareront les meilleures pièces pour un régal à la bonne franquette (Nikotisowin). On peut également fumer la viande  (Akowapate wias ou Opancawan) de l’orignal ce qui donne un autre goût à la viande et permet sa conservation.  

Une fois l'animal tué, tout ce qui peut être mangé ou utilisé pour l'artisanat est prélevé. La peau tanné de l'orignal permet la confection de plusieurs pièces de vêtements, des sacs et des mocassins. 

Étapes du tannage de peau d’orignal   

1. On  enlève les poils; 

2. On met la peau sur un petit tronc de bouleau installé en diagonal appelé « tcisaskwikan » pour la gratter avec un os d’orignal jusqu’à ce qu’on voit la blancheur de la peau;

3. On lave la peau à plusieurs reprises;   

4. On suspend la peau sur un support en bois et on frappe avec le bâton en bois appelé « otamikihitan » jusqu’à ce qu’elle devienne assez souple;   

5. On lave à nouveau la peau dans l’eau savonneuse;

6. On Tend la peau à quatre grosses branches installées en carré et on la gratte avec le grattoir en métal appelé « matahikan » (cette étape se fait à l’automne ou à l’hiver, car il doit faire froid pour que les résidus, comme des petits morceaux de chair ou des petits poils restants, s’enlèvent plus facilement);

7. On lave à nouveau la peau avec de l'eau savonneuse et on la graisse avec de l’huile végétale;

8. Avant de fumer la peau, on attend qu'elle soit bien sèche, on bouche les petits trous avec des bouts de bois et on la coud sur le sens de la longueur pour bien la fermer. Sur la partie inférieure, on coud également un morceau de peau ou de toile afin d'éviter que la peau en train d'être fumée ne touche le sol directement (on évite ainsi de brûler la peau);

9. Pour la fumée, on fait brûler des copeaux de bois appelés « pokototek ». C'est souvent du sapin baumier pourri récolté sur un arbre mort que l'on fait sécher; 

10. On creuse un petit trou où l'on fait brûler les copeaux de bois. On installe la peau au-dessus à l'aide de perches en bois et on fait fumer environ deux heures chaque côté de la peau.  

À partir de la troisième étape, les étapes peuvent changer selon la peau d’orignal.  La personne peut revenir d’une étape à l’autre si elle voit que la peau n’est pas prête.  Avec l’expérience, le tanneur ou la tanneuse sait à quelle étape il ou elle est rendu(e).

Avant que la peau soit fumée, elle s’appelle « mosuan » et une fois qu’elle est fumée, on l’appelle « pikekin ». La babiche est appelée « askimineapi ».

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Maskw (Ours)

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Comme avec d’autres animaux, les Atikamekw entretiennent des relations particulières avec l’ours.

Un récit :

L’enfant qui a vécu avec l’ours

Une femme avait appuyé son enfant contre un arbre. Pendant que celui-ci dormait, la mère en profita pour aller cueillir des bleuets. Ainsi, elle s’éloigna de son enfant.

Plus tard, l'enfant s'éveilla et se mit à pleurer. Mais sa mère ne l'entendait pas, elle continuait à ramasser des bleuets. Près de lui se trouvait un ours. L'animal entendit ses pleurs et s'approcha.

Ils laissent mon petit-fils dans un état pitoyable, pensa-t-il. L'ours l'emporta avec lui sans que personne s'en aperçoive.

Lorsque la mère eut terminé sa cueillette, elle voulut reprendre son enfant, mais il n'était plus là. Elle le chercha partout mais en vain. Triste de l'avoir perdu, elle rentra chez-elle accablée d'une grande tristesse.

L'ours promena l'enfant; et celui-ci le suivait partout. L'ours mangeait des bleuets, l'enfant aussi. Ils faisaient toujours les mêmes choses. L'enfant était bien et en bonne santé.

L'hiver s'annonçait et l'ours amena l'enfant avec lui dans la forêt pour lui trouver un gîte. Il l'installa sur un matelas pour qu'il n'ait pas froid; et alors lui dit: «Un jour de printemps, lorsque le soleil aura réchauffé la terre, ton père viendra et nous tuera. Si nous avons connaissance de son arrivée, toi, tu sortiras en courant.»

En effet au début du printemps, un homme arriva et l'enfant sortit de l'abri en courant. L'homme tua l'ours et reparti avec l'enfant qu'il avait reconnu.

L'enfant raconta à sa mère que sa grand-mère l'avait bien traité. Jamais il n'avait souffert de la faim.«J'ai mangé des bleuets durant tout l'hiver», dit-il. C'est ce que l'enfant pensait. Il comparait l'ours à sa grand-mère. En réalité, ce n'est que l'ours qui avait mangé. L'enfant a toujours dit que c'était avec sa grand-mère qu'il avait vécue pendant toute une année, mais en réalité c'est avec l'ours qu'il a vécu un an !

Pour les Atikamekw, comme pour d’autres groupes tels que leurs voisins innus, l’ours possède des qualités comparables à celles des humains. L’ours peut souffler ou crier comme un humain et les oursons peuvent pleurer tels des enfants. L’ours est réputé pour être un animal très fort et intelligent ayant la capacité de raisonner. Pour toutes ces raisons il est à la fois admiré et craint.

La chasse à l’ours, comme d’autres chasses, est entourée de gestes et de paroles qui expriment le respect de l’homme envers l’animal. Des sueries (sweat lodge) étaient organisées traditionnellement pour localiser l’ours. Aujourd’hui, certains chasseurs sont capables de repérer le passage des ours en observant les arbres : les ours ont pour habitude de briser  les branches sur leurs passages et tout autour de leur tanière.

L’ours peut être chassé, mais aussi trappé. Le piégeage de l’ours se fait lorsqu’il n’hiberne pas, c'est-à-dire entre le Printemps et l’automne. Le piégeage se faisait avec de gros pièges assommoirs composés par une lourde charge qui écrasait l’animal lors de son passage dans le piège.

La chasse de printemps est la chasse la plus commune en raison de la relative faiblesse des ours qui sont sur la fin de leur période d’hibernation. À cette période de l’année, la chasse demande une préparation mois intense puisque le chasseur sait qu’il devrait trouver un ours encore endormi. La connaissance du territoire et des tanières facilite grandement cette chasse du printemps. Une fois devant la tanière, le chasseur invite l’ours à sortir en l’appelant : « il est temps de sortir grand-père ». On lui porte à ce moment un coup de hache puis on laisse du tabac devant la tanière pour qu’elle soit à nouveau occupée l’année suivante.

Aujourd’hui, une autre technique consiste à poursuivre l’ours dans la neige jusqu’à ce qu’il s’enfonce, à bout de force. On abat alors l’ours au fusil (calibre 303 ou 30-30) en privilégiant le flanc.

Après l’avoir tué, les chasseurs mettent du tabac dans la gueule. Il est aussi possible d’allumer une pipe ou une cigarette et de lui envoyer de la fumée dans les narines. Parfois également, les chasseurs mettent une pipe faite avec de l’écorce de bouleau dans sa gueule. L’ours ne sera pas arrangé tant que du tabac ne lui sera pas offert.

Après avoir offert du tabac, les chasseurs parlent à l’ours et lui présentent leurs excuses. Et lui expliquent les raisons pour lesquelles il a été tué. La capture d’un ours donne lieu à un festin communautaire auquel sont conviés la famille et les amis des chasseurs. Au début du festin, on met une part du repas dans un morceau d’écorce de bouleau que l’on jette au feu. Après le repas, les restes sont jetés au feu, ou encore enterrées sous le foyer. Le crâne est conservé jusqu’au printemps suivant et sera accroché à un arbre.

Bien que ces techniques de chasse à l’ours fassent partie de la mémoire atikamekw, la chasse à l’orignal reste la plus commune.

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Piège

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