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Justice environnementale et dynamiques socio-écologiques : processus et perspectives

Par Nadia Belaidi, chargée de recherche au CNRS en Droit international et comparé de l'environnement, UMR CNRS 8586 PRODIG / UMR CNRS 7206 "Eco-Anthropologie et Ethnobiologie", département Hommes, Natures, Sociétés du Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris.

Raphaël Porteilla, maître de conférences en science politiques, CREDESPo, Université de Bourgogne.

Le propos se situe dans une vision holistique de l'homme, des relations sociales et du monde (où la survie de l'homme dépend de la survie du groupe social et du milieu dans lequel ils évoluent) afin de signifier que le rapport à la nature ne se définit pas seulement par une relation environnementale mais par une relation à un milieu. Ce milieu est non seulement le milieu physique dans sa complexité1 mais aussi le milieu social et culturel, en réalité intimement lié au premier. Et cela sans que les « milieux » économique et politique ne le mettent en péril – cela signifie qu’ils ne doivent pas leur être considérés comme supérieurs.

Dans ce cadre, l'acception de la notion de Justice environnementale (au sens large), que nous avons retenu, qui articule les notions de justice environnementale, justice écologique et justice sociale, constitue un moyen de renforcer les droits fondamentaux, lesquels en reflétant les valeurs sociales (droit à la vie, à l’éducation, à la santé et à un logement décent …) et en définissant une sphère éthique normative de par leur complémentarité et la hiérarchisation qui peut être opérée entre eux sont le support d'une responsabilité éthique humaine envers l'autre – humain et non-humain.

Ces réflexions ouvrent la voie à un nouveau paradigme, celui du Bien Commun de l’Humanité, c'est-à-dire à la possibilité de vivre harmonieusement avec la nature, dans une société juste et aux multiples expressions culturelles. Certains n'y verront qu'une utopie et précisément pour qu'elle ne reste pas illusoire, il faut traduire le concept de Bien Commun de l’Humanité en termes concrets, permettant de traduire dans la vie quotidienne les orientations théoriques. Cette perspective nécessite que l'ensemble conceptuel qui la compose soit pris en charge par le Droit. Or, il nous semble que ce processus peut être atteint par la conceptualisation d'un ordre public écologique.

Raphaël Porteilla présentera, d'abord, le « nouveau » paradigme et s’intéressera plus spécifiquement au projet de Déclaration dont il fait l'objet et qui a été présenté lors du dernier Forum Social Mondial afin de le mettre en relation et en débat avec d'autres textes élaborés récemment. Les perspectives étant précisées, Nadia Belaidi décrira le processus par lequel le Droit serait en mesure de poursuivre un objectif de justice qui fait le lien entre l'environnemental et le social et tentera d'en apporter une illustration au travers de l'analyse de l'initiative récente des parcs pour la paix en Afrique australe.

1 l'eau, l'air, le sol et tous les organismes vivants ainsi que les rapports des éléments entre eux de manières bilatérales et multilatérales, les rapports entre les organismes vivants, les relations entre les organismes vivants et les éléments, auxquels s'ajoutent les processus qui y sont liés.

 

Date et heure
Mercredi 22 janvier 2014 de 12 h 15 à 13 h 45

Lieu
Pavillon Charles-De Koninck, salle 3470