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La chimiothérapie anti-cancéreuse : la construction d’un « savoir vécu ». L’exemple de femmes traitées pour un cancer gynécologique au Québec.

Armelle LorcyPar Armelle Lorcy, postdoctorante au Département d'anthropologie

Cette communication se propose d’analyser les savoirs des personnes soignées par chimiothérapie pour un cancer, concernant leur traitement. Sur la base d’une recherche anthropologique menée au Québec en 2012 et 2013 auprès de 21 patientes traitées pour un cancer gynécologique (cancer de l’ovaire, du péritoine ou de l’endomètre), l’objectif sera de montrer comment ces femmes construisent un « savoir vécu » sur le traitement, composé de savoirs pluriels, ouverts, perméables les uns aux autres. Il s’agit de savoirs populaires partagés, véhiculés notamment par l’entourage et le discours mass médiatique, comprenant des connaissances scientifiques. Ils sont agrémentés de savoirs médicaux plus spécialisés transmis par le personnel médical.

A cela, s’ajoutent des savoirs issus de l’expérience personnelle et parfois professionnelle, antérieure à l’épisode de la maladie, dans l’accompagnement d’au moins une personne atteinte d’un cancer. Le savoir vécu comprend aussi et surtout des savoirs sensoriels et émotionnels, autrement dit des « savoirs sensibles », reposant sur le vécu personnel et notamment sur les réactions du corps une fois le traitement administré. Sur cette base, deux réflexions seront proposées. D’une part, l’intérêt sera d’analyser la manière dont les femmes en traitement donnent du sens à leurs ressentis en élaborant des représentations sur les actions de la chimiothérapie incorporée. D’autre part, l’objectif visera à montrer comment elles essaient de contrôler le contenu de leurs savoirs pour limiter l’anxiété et garder confiance tant dans l’efficacité du traitement que dans la relation thérapeutique.

Date et heure
Mercredi 23 octobre 2013 de 12 h 15 à 13 h 45

Lieu
Salle 3470 du pavillon Charles-De Koninck