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Radicalisation violente au cégep

2 décembre 2016

Le professeur Abdelwahed Mekki-Berrada a été invité récemment pour une entrevue à Télémag, une télé régionale basée à Québec. L’entrevue portait sur le rapport de recherche de son équipe rendu public il y a quelques semaines et qui explore les déterminants du soutien à la radicalisation violente chez les jeunes de huit cégeps. L’entrevue (les 16 premières minutes de l’enregistrement).

LE RAPPORT

Rousseau C., Hassan G., Lecompte V., Oulhote Y., El Hage H., Mekki-Berrada A., Rousseau-Rizzi A. (octobre 2016). Le défi du vivre ensemble : Les déterminants individuels et sociaux du soutien à la radicalisation violente des collégiens et collégiennes au Québec. Montréal : SHERPA, Institut Universitaire en regard aux communautés culturelles du CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. En partenariat avec : La Fédération des cégeps (Martin Strauss), Le collège Rosemont (Habib El Hage), Le collège de Maisonneuve (Véronique Raymond) et l’IRIPI (Frédéric Dejean).

Ce rapport présente les résultats d’une recherche portant sur les déterminants du soutien à la radicalisation violente chez les collégiens du Québec. Il s’agit d’une enquête en ligne réalisée dans 8 cégeps du Québec, à laquelle ont répondu, en tout ou en partie, 1894 étudiants. Il importe de rappeler que les liens entre le soutien à la radicalisation violente et des comportements violents n’est pas linéaire et que cette recherche visait à informer le développement de programmes adaptés de prévention et non à repérer des groupes ou des personnes à risque pour effectuer une détection.

Parmi les principaux résultats, notons brièvement :

  • Dans l’ensemble, le soutien à la radicalisation violente extrême demeure très faible et la majorité des collégiens considèrent que le vivre ensemble dans les collèges se porte bien. Cependant, des propos racistes et haineux sont assez fréquemment rapportés.
  • Globalement, les configurations de facteurs de risque et de protection varient beaucoup selon le genre.
  • La discrimination perçue est fortement associée à la dépression. L’effet de la discrimination perçue sur le soutien à la radicalisation violente est médié par la dépression.
  • Des expériences personnelles ou familiales passées de violence sont associées à une augmentation du soutien à la radicalisation violente. Là encore, la dépression est un intermédiaire de la relation entre violence vécue et soutien à la radicalisation violente.
  • Pour les collégiennes et les collégiens, la religiosité est un facteur protecteur face au soutien à la radicalisation violente, en plus de modérer l’effet d’évènements de vie difficiles.

Ces résultats ont des implications directes pour la formation, la prévention et l’intervention dans le milieu collégial et, au-delà, pour les milieux de l’éducation, de la santé et des services sociaux qui servent des populations jeunesse et pour la société québécoise en général.