Nouvelles publications

 
Livres

Dans une série consacrée à l’œuvre de Marcel Mauss, vient de paraître :

Hubert, H. et M. Mauss, 2016, Essai sur la nature et la fonction du sacrifice. Présentation de N. Gagné, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige ».

La présentation de l’ouvrage est signée par Natacha Gagné qui collabora également à l’établissement du texte d’Hubert et Mauss ainsi qu’à la réalisation du dossier bibliographique l'accompagnant.

À travers l’étude du sacrifice, Hubert et Mauss s’intéressent au sacré et au rapport au sacré. Cette étude ouvre une fenêtre sur la nature de la société puisque les choses sacrées sont choses sociales. À partir de l’idée de l’unité générique du sacrifice, la démarche suppose de s’intéresser à toutes les formes de sacrifices rituels pour en tirer le schème général. Ce parti pris méthodologique comparatiste, issu de l’école durkheimienne, fait toute l’originalité de l’essai à son époque et sa pertinence de nos jours, évitant les spéculations généalogiques qui établiraient l’antériorité d’une forme sur une autre. Ce texte classique permet de formuler une série de questions toujours actuelles pour l’ethnographie.

2016, Labrecque, Marie France, La migration saisonnière des Mayas du Yucatan au Canada: la dialectique de la mobilité, Presses de l'Université Laval, Collection Nord-Sud, 298 p.

Chaque année depuis les années 1970, des travailleurs mexicains se déploient dans les régions rurales du Canada pour participer aux travaux agricoles que la main-d’œuvre canadienne ne peut apparemment réaliser. Ces travailleurs participent à l’économie canadienne dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, le PTAS. Pendant des années, les États du centre du Mexique ont constitué le réservoir privilégié de la main-d’œuvre. Au début des années 2000 toutefois, ce bassin s’est étendu au reste du Mexique pour englober à peu près tous les États. La présente étude s’est déroulée dans l’un de ces États, le Yucatán, situé au sud-est du pays. Une grande partie de la population de cette partie du pays est autochtone et encore intimement liée aux activités agricoles même si celles-ci connaissent un recul important au profit des activités du secteur des services, principalement le tourisme. Le PTAS dans cet État ne touche qu’un très faible pourcentage d’individus par rapport à l’ensemble des Mexicains qui y participent. Il est toutefois intéressant, à la lumière des nombreuses études portant sur ce programme, surtout au point de destination, soit au Canada, de se pencher sur le point d’origine de ces travailleurs pour souligner, à travers leurs propos, la singularité de leur expérience de la mobilité transnationale; une expérience qui comporte une grande charge émotionnelle. Certes, le programme ne touche qu’un pourcentage encore plus infime de femmes mexicaines; j’ai néanmoins tenu à ce que le genre, au même titre que la classe ou la " race ", soit central à l’approche proposée dans cette étude en m’intéressant entre autres et également aux quelques femmes recrutées au Yucatán, mais surtout aux conjointes des travailleurs. Cette étude s’appuie sur une recherche de terrain menée en 2012 dans une perspective d’économie politique tenant compte des apports des féministes sur la migration en Amérique latine de même que des nombreuses recherches menées par des collègues tant du Mexique que du Canada sur le sujet.

2015, Edna Ekhivalak Elias, Michelle Daveluy, Division : A Western Perspective on Canadian Inuit Leadership, CIERA/CRSH-ARUC, 128 p.

Comment les Inuit de l'ouest canadien en sont-ils venus à endosser le Nunavut tel qu'on le connaît depuis 1999? Edna Ekhivalak Elias et ses collaborateurs présentent les enjeux auxquels les Inuinnait  faisaient face à l'époque. À Kugluktuk, où la limite du nouveau territoire se trouve, les gens vivaient au cœur du débat sur les avantages et les inconvénients du changement en cours. Il fallait créer un consensus pour ou contre l'adhésion au Nunavut. La protection de la langue telle que parlée dans la région, l'Inuinnaqtun, faisait partie des arguments invoqués pendant les négociations. Trancher ne fut pas une mince affaire et c'est dans l'action que le leadership aura fait son œuvre. Plusieurs avaient une vision dans la division des Territoires du Nord-ouest. Leurs aspirations ont-elles été comblées? Certainement pas toutes, mais depuis d'autres défis les occupent, entre autres dans le domaine des soins de santé, encore trop souvent disponibles uniquement loin du Nunavut.  D'où l'organisation d'événements d'envergure localement, pour contribuer au financement de la recherche dans le sud mais dont tous devraient éventuellement pouvoir bénéficier.
2015, Massé Raymond, « Anthropologie de la morale et de l'éthique », Québec, Éditions les Presses de l'Université Laval, 358 p.
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Depuis le début du xxe siècle, forte de ses expertises de terrain, l’anthropologie a œuvré à promouvoir une meilleure communication entre des sociétés porteuses de compétences morales et éthiques différentes. Mais, bien qu’elle soit outillée d’un relativisme méthodologique qui impose autant une ouverture à l’autre qu’un recul critique face à nous, a-t-elle contribué à mieux comprendre les enjeux moraux et éthiques dans les mondes moraux contemporains ? Si oui, de quelles façons ? Dans quelles sphères des rapports sociaux ? Tout en reconnaissant les inévitables recoupements entre ces deux concepts, le pari relevé ici est de dresser un portrait d’une anthropologie classique de la morale et d’une anthropologie de l’éthique. L’ouvrage répondra alors à d’autres questions. Quels sont leurs concepts et cadres méthodologiques respectifs ? Quels sont les lieux où l’on pourra les observer et les analyser ? Sans prétendre à un historique de la discipline et tout en insistant sur les développements récents, cet ouvrage rendra justice aux contributions de plusieurs des pionniers d’une anthropologie de la morale et de l’éthique. Alors que la première a mis l’accent sur la description et la comparaison des " systèmes " locaux de normes et de valeurs, la seconde recentre ses analyses sur le positionnement critique d’un sujet éthique devant gérer sa position et son statut moral. Mais alors, faut-il réduire la morale aux codes moraux collectifs et l’éthique à la liberté d’un sujet réflexif ? De quelles façons l’individu, dans toutes les sociétés, réussit-il à concilier liberté et soumission aux codes moraux ? Au bilan, en plus d’amorcer une réponse à ces diverses questions, l’ouvrage examinera les contributions de l’anthropologie à une redéfinition du relativisme moral et des conditions de la promotion de la tolérance.

2015, Shenwen Li, Frédéric Laugrand et Nansheng Peng (dir.), Rencontres et médiations entre la Chine, l'Occident et les Amériques. Missionnaires, chamanes et intermédiaires culturels, Presses de l'Université Laval, Collection La Chine et le monde, 464 p.
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À une époque où la Chine devient un acteur incontournable dans l’économie et les relations internationales, l'objectif principal de ce livre est de mieux comprendre les relations triangulaires entre les cosmologies chinoises (où dominent les valeurs confucéennes et la pensée analogique), les cosmologies occidentales (judéo-chrétiennes ou naturalistes depuis la Modernité) et les cosmologies analogiques et animiques des peuples autochtones des Amériques et de Sibérie. Les études rassemblées ici permettent d’examiner les points d'accrochage, comme les obstacles culturels qui marquent ces relations au cours de plusieurs siècles. Plus d’une vingtaine de chercheurs canadiens, chinois et européens issus de plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales (histoire, anthropologie, philosophie, etc.), proposent diverses études de cas qui se structurent autour de deux grands axes : un axe anthropologique qui aborde l’univers chamanique des deux côtés du Pacifique, véritable soubassement et lieu de jonction entre la Chine ancienne et le monde autochtone, ainsi qu’un axe historique qui traite du rôle complexe de différents médiateurs culturels, comme ces nombreux missionnaires occidentaux qui, depuis le xvie siècle, ont joué un rôle déterminant dans ces rencontres de l’Orient avec l’Occident.

2015, Monica Heller, Lindsay Bell, Michelle Daveluy, Mireille McLaughlin & Hubert Noël, Sustaining the Nation : The Making and Moving of Language and Nation, Oxford University Press, 288 p.
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Nouvelle parution sur l'ethnographie de la franco-mobilité d'est en ouest, dans les sables bitumineux et les mines. Écrit collectivement, le livre fait le lien entre l'Acadie, l'Alberta et les Territoires du Nord Ouest. Les circuits parcourus de part et d'autre du Canada par l'équipe de recherche autant que les travailleurs rendent compte de l'expérience des gens ici, là et en chemin.  
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2015, Cros M., J. Bondaz et F. Laugrand (dir.), Bêtes à pensées. Visions des mondes animaux. Éditions des archives contemporaines, 293 p.
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Comment cohabiter avec ceux qui nous regardent :
- des loups autonomes et des chiens gardiens en Mongolie (Bernard Charlier)
- des lions peu farouches et des ânes indisciplinés au Burkina Faso (Amandine Buselli)
- encore des chiens mais à attacher et à vacciner au Nunavik (Francis Lévesque)
- des vaches high tech en Belgique (Séverine Lagneaux)
- des oiseaux à photographier, des grues cendrées à nourrir en Angleterre (Vanessa Manceron)
- un dragon mythique et des « girafes » fantasmées en Thaïlande (Marion Dupeyrat)
- des ours polaires, des phoques, des caribous que l’on chasse mais avec lesquels on communique
- et à nouveau des chiens compagnons au Nunavik (Michèle Therrien)
- des ovins sacrifiés en Bulgarie et des deux côtés de la Méditerranée (Olivier Givre)
- et pour finir des cochons d’Inde catalyseurs d’interactions (Marine Grandgeorge)
- un lama, un âne, des chevaux, des brebis et toujours des chiens jouant en France un rôle de médiateurs (Jérôme Michalon)
- sans oublier ceux qui se retrouvent en couverture de cet ouvrage (Emmanuelle Héran)

Si tous les animaux ne se révoltent pas comme dans la célèbre Ferme des animaux de Georges Orwell (1945), ils ne cessent de transgresser les places que les humains leur attribuent, obligeant souvent ces derniers à s’interroger sur les conditions d’un vivre ensemble plus respectueux. Des anthropologues, mais aussi des chercheurs d’autres disciplines, témoignent dans cet ouvrage du caractère universel d’une telle interrogation et de la diversité culturelle des réponses qui lui sont apportées. Ces visions plurielles de notre « destin interconnecté » fournissent la matière d’un étonnant « pense-Bêtes » qui rend compte de la luxuriance éminemment ambiguë des mondes animaux.

 

Les enjeux sociaux, économiques et politiques locaux et globaux qui se déploient au sein des aires protégées sont multiples, complexes et parfois subtils. Par une analyse ethnographique de six villages côtiers insérés au sein de deux Réserves de biosphère dans l'État du Yucatan au Mexique, cet ouvrage cherche à comprendre comment se construit et se négocie localement la conservation environnementale. Il présente des portraits originaux de ces villages et offre, grâce à une comparaison systématique et inédite, une réflexion sur l'environnement et la conservation guidée par l'anthropologie de l'environnement et l'économie politique.

 
2015, Turner Sarah, Christine Bonnin et Jean Michaud, Frontier Livelihoods: Hmong in the Sino-Vietnamese Borderlands. Seattle: University of Washington Press. (sous presse)

Sarah Turner est professeure de géographie à l'Université McGill, Christine Bonnin est professeure en géographie à l'University College de Dublin, Jean Michaud est professeur au Département d'anthropologie de l'Université Laval

Do ethnic minorities have the power to alter the course of their fortune when living within a socialist state? In Frontier Livelihoods, the authors focus their study on the Hmong - known in China as the Miao - in the Sino-Vietnamese borderlands, contending that individuals and households create livelihoods about which governments often know little.

The product of wide-ranging research over many years, Frontier Livelihoods bridges the traditional divide between studies of China and peninsular Southeast Asia by examining the agency, dynamics, and resilience of livelihoods adopted by Hmong communities in Vietnam and in China's Yunnan Province. It covers the reactions to state modernization projects among this ethnic group in two separate national jurisdictions and contributes to a growing body of literature on cross-border relationships between ethnic minorities in the borderlands of China and its neighbors and in Southeast Asia more broadly.    
 
2014, Saillant Francine. Réparations, droits et citoyenneté : le mouvement noir au Brésil (2000-2010). Bruxelles-Québec, Académia/PUL, 350 p.

Francine Saillant est professeure au Département d'anthropologie et directrice du CÉLAT de l'Université Laval.

Le mouvement noir contemporain du Brésil est présenté sous de multiples angles. Trouvant racine dans les vieilles révoltes d’esclaves de l’époque coloniale et dans la presse noire de la Première République, il se forme et se reforme sous de multiples figures lors des deux dictatures qui ont marqué le Brésil au XXe siècle. Le mouvement noir prend une forme singulière dans les années 1970-1980, en écho au mouvement des droits civils aux États-Unis. Il se déploie de manière réticulaire avec l’avènement de l’ère des actions affirmatives sous le gouvernement du Parti des travailleurs (PT). Ce livre permet de lire les multiples facettes les plus actuelles de ce mouvement, depuis des actions dans les champs de la culture, du politique, des arts, de la religion, associant des acteurs très diversifiés. L’étude du mouvement est traversée par une question centrale : comment se déploie l’idée de réparation eu égard aux torts passés de l’esclavage au sein du mouvement noir aujourd’hui ? Qu’en est-il de l’idée de réparation au Brésil et dans un tel mouvement ? Comment la profondeur de l’histoire informe-t-elle les actions dites favorables aux Afro-Brésiliens ? La part accordée aux actions symboliques et culturelles et à leur articulation aux politiques d’actions affirmatives apparaît centrale dans l’analyse proposée. Enfin, pour la première fois en français, on dresse un panorama complexe et approfondi du mouvement noir brésilien, de son originalité, de ses ramifications, de ses réalisations et de ses espoirs.

2014, Girard Marie-Pier, De petits vautours sans plumes? Les enfants qui travaillent au recyclage des ordures à Lima. Presses de l'Université Laval, collection Nord-Sud, 328 p.

Marie-Pier Girard a obtenu son Ph.D. en 2012 au Département d'anthropologie de l'Université Laval.

Mot de l'auteure
Ce livre est le produit de ma rencontre avec des garçons et des filles (de 6 à 12 ans) qui grandissent à Las Lomas de Carabayllo, un quartier marginalisé de Lima, au Pérou, où j’ai passé plus d’un an à explorer les dimensions qui caractérisent leur enfance. Même si les médias et les organisations non gouvernementales m’avaient présenté ces jeunes qui travaillent à la collecte et au tri des ordures exclusivement comme des " enfants travailleurs ", j’ai vite compris que le travail n’était pas aussi central dans leur vie que ce que l’on prétendait et, surtout, que les garçons et les filles de Las Lomas ne voulaient pas parler que de recyclage. J’ai donc décidé de les écouter. Pour ce faire, j’ai créé des espaces de participation en utilisant une méthodologie originale qui intègre divers modes d’expression et par laquelle les enfants sont devenus des petits chercheurs à leur manière. Alors, par des dessins, des peintures, des mises en situation, des dramatisations théâtrales, des photographies, des récits de vie et en prenant la parole, ils se sont exprimés sur des sujets qui les concernent directement, mais sur lesquels ils ne sont presque jamais consultés, car ils sont jugés trop complexes pour eux.

La démarche que je propose dans ce livre est de repenser les régimes de vérité et les éthiques actuelles à partir du principe de l’" intérêt supérieur de l’enfant " véhiculé dans la Convention relative aux droits de l’enfant (1989). Cela suppose de mettre fin à la fragmentation des vies des enfants pour adopter une approche multidimensionnelle et intégrée de l’enfance fondée sur l’interdépendance et l’indivisibilité de leurs droits.

2014, Martig Alexis Jonathan, La reconnaissance sociale et le Mouvement des Sans Terre du Brésil, Louvain-la-Neuve : Academia-Bruylant, 290 p.

Alexis Jonathan Martig est postdoctorant au Département d'anthropologie de l'Université Laval.

«  Le registre de la « dignité » fait aujourd’hui partie des revendications des mouvements sociaux contemporains à travers le monde, à côté des revendications liées à des questions matérielles ou des questions de droits, qu’il s’agisse du terme de « dignité », ou plus largement des termes d’ « indignation », de « logement digne » ou encore de « travail décent ». Comment comprendre ces revendications au-delà d’une approche essentialisant la dignité et la réduisant à un attribut naturel de l’homme, ou encore sans partir d’une définition a priori de ce qu’est la dignité ?

Afin de répondre à ces questions en s’appuyant sur deux années de recherches de terrain réalisées au Brésil auprès d’un de ces mouvements sociaux – le Mouvement des Sans Terre du Brésil –, Alexis Martig se propose de contribuer à la compréhension des revendications contemporaines de dignité, en pensant une anthropologie de la dignité en contexte de lutte sociale.

Il revient sur ces expériences de participation et d’observation au sein du Mouvement des Sans Terre, et analyse les pratiques spécialement développées pour reconquérir la dignité des travailleurs ruraux brésiliens à partir des théories de la reconnaissance sociale (Taylor, Honneth, Fraser, Renault, Margalit). Ce faisant, l’auteur cherche ainsi à comprendre l’aspect moral de la lutte du mouvement des Sans Terre, ainsi que plus largement la part et le rôle des sentiments dans la construction et la négociation des hiérarchies sociales au Brésil.

2014, Havard Gilles et Frédéric Laugrand (dirs), Éros et tabou. Sexualité et genre chez les Amérindiens et les Inuit. Québec, Septentrion, 500 p.

Frédéric Laugrand est professeur au Département d'anthropologie et directeur de la Revue Anthropologie et Sociétés de l'Université Laval, et Gilles Havard est historien, directeur  de recherche au Centre national  de la recherche scientifique (CNRS) et membre du laboratoire Mondes Américains (Paris).

Éros  et tabou analyse les pratiques érotiques et les relations de genre au sein de  diverses populations autochtones d’Amérique du Nord. Ces sociétés sont-elles plus ouvertes au principe de plaisir et aux pulsions sexuelles  que les sociétés occidentales ? L’ouvrage se penche particulièrement sur la tension existant parmi les Amérindiens et les Inuit entre, d’un côté, une sexualité d’apparence permissive qui  peut  acquérir un caractère public et décomplexé  et, de l’autre, des pratiques strictement codifiées, souvent associées à des interdits.  Le sexe apparaît donc comme un élément révélateur du social. Plusieurs thématiques  sont examinées dans cette perspective, dont la différenciation  des sexes et le travestisse- ment, la contrainte et le consentement  dans les unions et les mariages, la place du sexe dans la langue et la pensée symbolique, les relations sexuelles entre femmes autochtones et hommes d’origine européenne depuis le XVIe siècle ou encore la part jouée par les missionnaires  dans la confrontation des Européens  avec les mœurs  autochtones.

2014, Tapardjuk Louis, Fighting for Our Rights.The Life Story of Louis Tapardjuk. Édité par Jaypeetee Arnakak, Frédéric Laugrand et Louis McComber, Collection Inuit leadership and governance,181 p.

Publié en Inuktitut et en anglais dans le cadre du projet CRSH-ARUC Inuit Leadership and Governance in Nunavut and Nunavik: Life Stories, Analytical perspectives and Training, cet ouvrage présente la biographie d'un leader inuit contemporain originaire d'Igloolik. Né en 1953, Louis Tapardjuk y raconte son enfance, son séjour à l'école résidentielle de Chesterfield Inlet où il a appris à mieux connaître les Qallunaat (les Blancs) et leurs manières de penser. Tapardjuk relate comment il a rapidement compris qu'il devait s'impliquer en politique et se battre, avec d'autres, pour défendre et préserver sa langue et sa culture. Citoyen engagé, il a très tôt travaillé dans le réseau des coopératives avant de s'investir, en véritable ethnologue, dans la réalisation de plusieurs centaines d'entrevues avec des aînés de sa communauté, un corpus d'une très grande richesse pour comprendre les traditions et les pratiques des Inuit. Louis Tapardjuk raconte finalement comment il a participé à faire émerger le projet du Nunavut et comment ensuite, dans ce cadre inédit et en tant que Ministre de la culture et du patrimoine et Ministre de l'éducation de ce nouveau territoire, il a continué à défendre les intérêts, les valeurs, la langue et les perspectives des Inuit, un travail sans relâche qu'il poursuit toujours. On lui doit, entre autres, d'avoir introduit la notion d'Inuit qaujimajatuqangit, "les savoirs des Inuit qui sont encore pertinents de nos jours" ainsi qu'une charte qui fait la promotion de la langue inuit en milieu de travail et à l'échelle territoriale.

2014, Laugrand Frédéric et Jarich Oosten, Hunters, Predators and Prey. Inuit Perceptions of Animals. Éditions Berghahn, 418 p.

Frédéric Laugrand est professeur au Département d'anthropologie et directeur de la Revue Anthropologie et Sociétés de l'Université Laval, et Jarich Oosten est professeur émérite du Département d'anthropologie de l'Université de Leiden, Pays-Bas. 

Inuit hunting traditions are rich in perceptions, practices and stories relating to animals and human beings. The authors examine key figures such as the raven, an animal that has a central place in Inuit culture as a creator and a trickster, and qupirruit, a category consisting of insects and other small life forms. After these non-social and inedible animals, they discuss the dog, the companion of the hunter, and the fellow hunter, the bear, considered to resemble a human being. A discussion of the renewal of whale hunting accompanies the chapters about animals considered ‘prey par excellence’: the caribou, the seals and the whale, symbol of the whole. By giving precedence to Inuit categories such as ‘inua’ (owner) and ‘tarniq’ (shade) over European concepts such as ‘spirit ‘and ‘soul’, the book compares and contrasts human beings and animals to provide a better understanding of human-animal relationships in a hunting society.

 

 
Revues scientifiques

Gagné, N. et B. Trépied (dir.), 2016, « Colonialism, Law, and the City », City & Society, 28 (1).

Le numéro explore certains défis auxquels font face les autochtones résidant en ville ainsi que les luttes qu’ils mènent en milieu urbain. Ils contestent notamment les stéréotypes essentialisant qui participent à la négation de leur légitimité et qui ne reconnaissent pas leurs expériences comme authentiques. Les articles rassemblés dans ce numéro s’intéressent en particulier aux initiatives autochtones visant à réarticuler les dynamiques de pouvoir et donc, à redéfinir leur place au sein des États et territoires marqués par la colonisation. Les auteurs analyse ces luttes et défis à travers quatre études de cas ethnographiques en accordant une attention particulière aux contextes légal, politique et historique. Ces études de cas portent sur les Māori de Nouvelle-Zélande, les autochtones d’Hawai’i, les Premières Nations du Québec et les Kanak de Nouvelle-Calédonie.

2015, Religiologiques, Sciences humaines et religions, Julien Bondaz, Frédéric Laugrand et Michèle Cros (dirs), « Bête comme une image : Ontologies et figurations animales ». 32

Julien Bondaz est ethnologue et maître de conférences au Département d'anthropologie de l'Université Lumière Lyon 2.

Frédéric Laugrand est professeur au Département d'anthropologie de l'Université Laval.

Michèle Cros,anthropologue et psychologue, est professeure d'anthropologie à l'Université Lumière-Lyon 2.

 

2014, Société d’histoire atikamekw, Laurent Jérôme et Sylvie Poirier (dirs), «  Les Atikamekw Nehirowisiwok - territorialités et savoirs ». Recherches amérindiennes au Québec, XLIV (1).

Sylvie Poirier est professeure et directrice du Département d'anthropologie de l'Université Laval et Laurent Jérôme est professeur au Département de sciences des religions de l'Université du Québec à Montréal.




 
Rapports

2015, Hassan G., Kirmayer L.J., Mekki-Berrada A., Quosh C., el Chammay R., Deville-Stoetzel J.B., Youssef A., Jefee-Bahloul H., Barkeel-Oteo A., Coutts A., Song S. et Ventevogel P., Culture, Context and the Mental Health and Psychosocial Wellbeing of Syrians : A Review for Mental Health and Psychosocial Support staff working with Syrians Affected by Armed Conflict. Geneva: United Nations High Commissioner for Refugees-UNHCR.