Nouvelles publications

 
Livres

2017, Smyer Yü, Dan  &  J. Michaud (Eds). Trans-Himalayan Borderlands: Livelihoods, Territorialities, Modernities. Amsterdam: Amsterdam University Press.

The societies in the Himalayan borderlands have undergone wide-ranging transformations, as the territorial reconfiguration of modern nation-states since the mid-twentieth century and the presently increasing trans-Himalayan movements of people, goods and capital, reshape the livelihoods of communities, pulling them into global trends of modernisation and regional discourses of national belonging. This book explores the changes to native senses of place, the conception of border - simultaneously as limitations and opportunities - and what the authors call "affective boundaries," "livelihood reconstruction," and "trans-Himalayan modernities." It addresses changing social, political, and environmental conditions that acknowledge growing external connectivity even as it emphasises the importance of place.

 

2017 (sous la direction de Katia Buffetrille et Isabelle Henrion-Dourcy)  Musique et épopée en Haute-Asie: Mélanges offerts à Mireille Helffer à l'occasion de son 90e anniversaire. Paris, L'Asiathèque.

Ce volume rend hommage aux travaux pionniers de Mireille Helffer qui s’étendent sur plus d’un demi-siècle. Musicienne, ethnomusicologue pas­sionnée, elle s’est rendue dès la fin des années 1960 d’abord au Népal, puis en Inde et au Tibet. Elle a su inspirer plusieurs générations de chercheurs en Occident et en Asie. Si les études rassemblées ici sont, pour la plupart, consacrées aux thèmes qui lui sont chers — littérature orale au Népal, épopée tibétaine de Gesar, musique liturgique et danses sacrées — une large part est laissée au bouddhisme, à la littérature et à l’art tibétains.


2017, Henrion-Dourcy Isabelle,  Le théâtre ache lhamo : Jeux et enjeux d’une tradition tibétaine. Louvain / Bruxelles / Kyoto : Peeters / Mélanges chinois et bouddhiques, Volume 33, 940 p.

Cet ouvrage est une monographie du théâtre tibétain ache lhamo, tel qu'il était joué à l'époque prémoderne, antérieure à 1950, et tel qu'il est encore joué actuellement en Région autonome du Tibet (République populaire de Chine) et dans la diaspora tibétaine établie en Inde et au Népal. Comme la plupart des théâtres d'Asie, il est un genre composite: à la fois drame à thématique religieuse, issue du bouddhisme mahâyâna, satire mimée et farce paysanne, il comprend de la récitation, du chant, des percussions, de la danse et des bouffoneries improvisées, ainsi qu'un usage de masques et de costumes flamboyants, qui tranchent avec la sobriété absolue de la mise en scène. Bien qu'il ait été soutenu et financé par le gouvernement des Dalai Lama, par de grands monastères et par des familles aristocratiques, il s'agit d'un théâtre avant tout populaire. Cette recherche, qui combine les approches de l'anthropologie, de la tibétologie et des études théâtrales, s'appuie sur des enquêtes de terrain de plus de quatre ans au Tibet et en exil.

L'étude est divisée en trois parties. La première, «Le cadre culturel du lhamo avant 1959», est consacrée au contexte (historique, religieux et littéraire) dans lequel le théâtre est inscrit, ainsi qu'aux textes (leur contenu, leurs modalités de composition et de transmission) qui révèlent l'imaginaire propre du théâtre. La deuxième partie est une analyse de «L'ancrage sociologique du lhamo». Les conditions matérielles des représentations sont examinées: les divers types de troupes, leur organisation interne, le statut social des acteurs, l'inscription de la pratique du théâtre dans le système socio-économique, et les rapports d'obligations tissés entre acteurs, seigneurs et commanditaires. La dernière partie, «Art et savoirs des acteurs» rend compte des conceptions, valeurs, plaisirs et difficultés de ceux qui pratiquent cette forme d'art. La ritualité du jeu théâtral et les divers registres de virtuosité sont analysés en détail. L'épilogue fait le point sur la situation contemporaine des deux côtés de l'Himalaya. Il s'agit fondamentalement d'un théâtre de paradoxes, qui traverse et relie des aspects contrastés de la culture tibétaine: bouddhisme et religions mondaines, culture savante et culture populaire, écriture et oralité, éléments exogènes et apports autochtones, aspiration religieuse et intérêts matériels.

 

2017, Edited by Françoise Dussart and Sylvie Poirier, Entangled Territorialities : Negotiating Indigenous Lands in Australia and Canada, University of Toronto Press, Scholarly Publishing Division, World Rights, 272 Pages

Entangled Territorialities offers vivid ethnographic examples of how Indigenous lands in Australia and Canada are tangled with governments, industries, and mainstream society. Most of the entangled lands to which Indigenous peoples are connected have been physically transformed and their ecological balance destroyed. Each chapter in this volume refers to specific circumstances in which Indigenous peoples have become intertwined with non-Aboriginal institutions and projects including the construction of hydroelectric dams and open mining pits. Long after the agents of resource extraction have abandoned these lands to their fate, Indigenous peoples will continue to claim ancestral ties and responsibilities that cannot be understood by agents of capitalism. The editors and contributors to this volume develop an anthropology of entanglement to further examine the larger debates about the vexed relationships between settlers and indigenous peoples over the meaning, knowledge, and management of traditionally-owned lands.

Françoise Dussart is a professor in the Department of Anthropology at the University of Connecticut.
Sylvie Poirier is a professor in the Department of Anthropology at Université Laval.

 

Dans une série consacrée à l’œuvre de Marcel Mauss :

2016, Hubert H. et M. Mauss, Essai sur la nature et la fonction du sacrifice. Présentation de N. Gagné, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige ».

La présentation de l’ouvrage est signée par Natacha Gagné qui collabora également à l’établissement du texte d’Hubert et Mauss ainsi qu’à la réalisation du dossier bibliographique l'accompagnant.

À travers l’étude du sacrifice, Hubert et Mauss s’intéressent au sacré et au rapport au sacré. Cette étude ouvre une fenêtre sur la nature de la société puisque les choses sacrées sont choses sociales. À partir de l’idée de l’unité générique du sacrifice, la démarche suppose de s’intéresser à toutes les formes de sacrifices rituels pour en tirer le schème général. Ce parti pris méthodologique comparatiste, issu de l’école durkheimienne, fait toute l’originalité de l’essai à son époque et sa pertinence de nos jours, évitant les spéculations généalogiques qui établiraient l’antériorité d’une forme sur une autre. Ce texte classique permet de formuler une série de questions toujours actuelles pour l’ethnographie.

 

Michaud, Jean; Meenaxi B. Ruscheweyh; Margaret B. Swain, 2016. Historical Dictionary of the Peoples of the Southeast Asian Massif. Second Edition. Lanham • Boulder • New York • London, Rowman & Littlefield, 594p.

Dwelling in the highland areas of Northeast India, Bangladesh, Southwest China, Taiwan, Burma (Myanmar), Thailand, Cambodia, Vietnam, Laos, and Peninsular Malaysia are hundreds of “peoples”. Together their population adds up to 100 million, more than most of the countries they live in. Yet in each of these countries, they are regarded as minorities.

This second edition of Historical Dictionary of the Peoples of the Southeast Asian Massif contains a chronology, an introduction, and an extensive bibliography. The dictionary section has over 700 cross-referenced entries on about 300 groups, the ten countries they live in, their historical figures, and their salient political, economic, social, cultural and religious aspects. This book is an excellent access point for students, researchers, and anyone wanting to know more.


2016, Labrecque Marie France, La migration saisonnière des Mayas du Yucatan au Canada: la dialectique de la mobilité, Presses de l'Université Laval, Collection Nord-Sud, 298 p.

Chaque année depuis les années 1970, des travailleurs mexicains se déploient dans les régions rurales du Canada pour participer aux travaux agricoles que la main-d’œuvre canadienne ne peut apparemment réaliser. Ces travailleurs participent à l’économie canadienne dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, le PTAS. Pendant des années, les États du centre du Mexique ont constitué le réservoir privilégié de la main-d’œuvre. Au début des années 2000 toutefois, ce bassin s’est étendu au reste du Mexique pour englober à peu près tous les États. La présente étude s’est déroulée dans l’un de ces États, le Yucatán, situé au sud-est du pays. Une grande partie de la population de cette partie du pays est autochtone et encore intimement liée aux activités agricoles même si celles-ci connaissent un recul important au profit des activités du secteur des services, principalement le tourisme. Le PTAS dans cet État ne touche qu’un très faible pourcentage d’individus par rapport à l’ensemble des Mexicains qui y participent. Il est toutefois intéressant, à la lumière des nombreuses études portant sur ce programme, surtout au point de destination, soit au Canada, de se pencher sur le point d’origine de ces travailleurs pour souligner, à travers leurs propos, la singularité de leur expérience de la mobilité transnationale; une expérience qui comporte une grande charge émotionnelle. Certes, le programme ne touche qu’un pourcentage encore plus infime de femmes mexicaines; j’ai néanmoins tenu à ce que le genre, au même titre que la classe ou la " race ", soit central à l’approche proposée dans cette étude en m’intéressant entre autres et également aux quelques femmes recrutées au Yucatán, mais surtout aux conjointes des travailleurs. Cette étude s’appuie sur une recherche de terrain menée en 2012 dans une perspective d’économie politique tenant compte des apports des féministes sur la migration en Amérique latine de même que des nombreuses recherches menées par des collègues tant du Mexique que du Canada sur le sujet.

 
Revues scientifiques

Sous la direction de Laurent Jérôme et Sylvie Poirier, un numéro thématique de la revue Frontières sur les conceptions de la mort et les rites funéraires dans les mondes autochtones contemporains.

 

 



Gagné, N., Guyon, S. et B. Trépied (dir.), 2018, « Justices ultramarines », Ethnologie française, 1 (168).

La question des spécificités locales et culturelles intervient-elle dans le fonctionnement de la justice française ? Ce dossier ouvre le débat à partir du cas des populations « indigènes » de l’Outre-mer contemporain – Amérindiens et Noirs marrons de Guyane, Mahorais de Mayotte, Kanak de Nouvelle-Calé

donie, insulaires de Polynésie et de Walliset- Futuna.

Les différents travaux rassemblés ici privilégient la méthode ethnographique pour saisir « sur le vif » la manière dont l’État français tente au quotidien de prendre en charge et d’administrer la diversité culturelle et locale dans ces contextes (post)coloniaux variés. Huit des onze articles du dossier décrivent ainsi des situations contemporaines singulières de confrontation et d’interaction entre agents du système judiciaire et justiciables originaires de ces cinq collectivités.

Les trois derniers articles offrent vis-à-vis de ces justices ultramarines des points de comparaison historiques – sur la trajectoire du droit colonial dans l’empire français – et géographiques – d’une part sur la justice familiale en France métropolitaine, d’autre part sur le traitement des justiciables autochtones mapuche par l’appareil judiciaire au Chili.

Henrion-Dourcy Isabelle (dir.), « Studies in The Tibetan Performing Arts », Revue d’Etudes Tibétaines, no. 40, Juillet 2017. 

 Ce numéro est le premier volume de revue scientifique consacré aux arts du spectacle tibétains. La longue introduction fait le point sur trente années de recherches éparses et fragmentaires sur la musique, la danse, le théâtre et, plus récemment, le cinéma des Tibétains tant du Tibet que de la diaspora. S’ensuivent six contributions originales sur la place de la musique dans les vœux et interdits monastiques, sur l’esthétique de la musique d’offrande bouddhique, sur les recherches menées par des chercheurs tibétains sur les arts du spectacle depuis soixante ans, sur la musique pop des Tibétains exilés en Inde, sur l’impact des technologies digitales dans la transmission des savoir-faire des acteurs de théâtre et enfin sur le fossé qui sépare la théorie théâtrale du théâtre du geste en Occident de l’esthétique théâtrale tibétaine.


Gagné, N. et B. Trépied (dir.), 2016, « Colonialism, Law, and the City », City & Society, 28 (1).

Le numéro explore certains défis auxquels font face les autochtones résidant en ville ainsi que les luttes qu’ils mènent en milieu urbain. Ils contestent notamment les stéréotypes essentialisant qui participent à la négation de leur légitimité et qui ne reconnaissent pas leurs expériences comme authentiques. Les articles rassemblés dans ce numéro s’intéressent en particulier aux initiatives autochtones visant à réarticuler les dynamiques de pouvoir et donc, à redéfinir leur place au sein des États et territoires marqués par la colonisation. Les auteurs analyse ces luttes et défis à travers quatre études de cas ethnographiques en accordant une attention particulière aux contextes légal, politique et historique. Ces études de cas portent sur les Māori de Nouvelle-Zélande, les autochtones d’Hawai’i, les Premières Nations du Québec et les Kanak de Nouvelle-Calédonie.

 
Rapports

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