Des emplois pour des anthropologues

Avec un doctorat en anthropologie, on fait quoi?
 
Candice Cornet – Professeure en anthropologie, Cégep de Saint-Hyacinthe - Chargée de cours, Université de Montréal (B.A. 1999, M.A. 2002, Ph. D. 2012, Postdoctorat 2015)

Candice est une passionnée de l'anthropologie. Elle a franchi tous les niveaux de formation dans la discipline, depuis le baccalauréat (Concordia, 1999) jusqu'au postdoctorat (Université de l’État de Washington à Seattle, 2015), en passant par la maîtrise (McGill, 2002) et le doctorat (Université Laval, 2012). Aujourd'hui, elle l'enseigne et la pratique. Depuis 2003, elle transmet son savoir et sa passion à de futurs anthropologues au Cégep de St-Hyacinthe et à l'Université de Montréal. Elle contribue aussi au développement de la recherche au collégial, grâce à de multiples projets réalisés principalement en Chine (pendant 13 ans) et, plus récemment, au Maroc. C'est d'ailleurs dans ce dernier pays que Candice a effectué un terrain à l'été 2016 en tant que chercheure en collaboration avec deux universités marocaines : Ibn Zohn à Agadir et Sultan Moulay Slimane à Beni Mellal. Ses recherches se poursuivront à l'été 2017 et possiblement les suivants. En parallèle, Candice a implanté un cours terrain pour les étudiants du Cégep de St-Hyacinthe qui a lieu au début du mois de janvier, depuis 2016, dans les montagnes berbères du Haut Atlas marocain.  

Quelles compétences anthropologiques servent à Candice dans son milieu professionnel ? « Toutes ! », soutient-elle.

 
Jean-Luc Bédard – Professeur régulier, TÉLUQ (Mineure, 1988, M.A. 1993, Ph. D. 2005)

Jean-Luc est professeur à la TELUQ depuis 2014. En plus d’enseigner, il poursuit des activités de recherche et s’implique dans les services à la collectivité.

Expériences professionnelles antérieures
Avant d’être professeur, Jean-Luc a travaillé pendant dix ans en tant que chercheur associé à l’Institut national de recherche scientifique (INRS), au Centre Urbanisation Culture Société, à Montréal (2003-2013). Il a effectué des contrats intermittents en recherche sur la formation en milieu de travail, la notion de haute qualification et d’expertise et les travailleurs âgés. Puis, au CSSS Bordeaux-Cartierville-St-Laurent, Centre affilié universitaire (2007-2009), Jean-Luc a réalisé des recherches en lien avec les transformations de l’organisation du travail dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
L’anthropologie l’a toujours aidé, soutient Jean-Luc, à composer avec ses collègues et avec des perspectives autres ou connexes, comme la sociologie, la santé publique ou les relations industrielles et, depuis qu’il est à la TÉLUQ, l’éducation et le droit. L’anthropologie lui a aussi transmis la capacité à émettre un regard critique face aux discours, y compris scientifiques, à prétention de vérité. Il estime en avoir gardé un intérêt d’abord pour les faits puis pour ce que les acteurs en disent, le tout dans une tradition perspectiviste inductive et selon une approche qualitative.

Quotidiennement, il porte un intérêt anthropologique prononcé pour la synthèse du sens construit par les principaux acteurs dans une situation sociale donnée, pour la compréhension de l’histoire des relations entre les acteurs sociaux et pour le travail multidisciplinaire.

 
Marie-Thérèse Atsena Abogo – Conseillère en communication, Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), Sénégal (Ph. D. 2016)

Après avoir obtenu un baccalauréat (2003) et une maîtrise en communication (2006), c’est vers l’anthropologie que Marie-Thérèse s’est tournée pour effectuer son doctorat, une formation qui a grandement ajouté à son parcours antérieur, déjà ancré dans le domaine de la coopération internationale. Aujourd’hui employée par le Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI), Marie-Thérèse travaille en vue d’améliorer les capacités des principaux acteurs du gouvernement et des marchés au niveau de leur participation à des réseaux multi-acteurs contribuant à des marchés durables inclusifs des femmes et des jeunes. Pendant la durée de son contrat actuel, (dix-huit mois), elle doit assurer la mise en œuvre et l’amélioration du plan de communication, et plus spécifiquement de la visibilité (en termes de branding et de publicité) des initiatives du Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG) au Sénégal, à l’échelle régionale et au niveau des États membres. Les initiatives de cet organisme visent principalement à renforcer les capacités institutionnelles du genre dans les politiques et les programmes publics, en vue de favoriser l’autonomisation économique des femmes, l’éducation des jeunes filles, la santé reproductive, la paix et la sécurité de la femme.

Expériences professionnelles antérieures
Marie-Thérèse a cumulé nombre de postes à l’international au cours des dernières années. Elle a été, entre autres, conseillère volontaire en plaidoyer et sensibilisation (Advocacy & Outreach) au Centre CHIMO, dans la région de Vancouver (2015-2016), conseillère en approvisionnement (Procurement Advisor) dans une filiale d’ExxonMobil au Cameroun (2009) et conseillère en communication dans les secteurs gouvernementaux et parapublics au Cameroun (2006-2008). Elle a aussi occupé des postes dans le milieu de l’enseignement comme chargée de cours en anthropologie (2012) et auxiliaire de recherche et d’enseignement pendant ses études doctorales à l’Université Laval.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
De prime abord, son parcours en anthropologie aura aidé Marie-Thérèse à intégrer les diverses étapes du choc culturel lors de son installation au Sénégal. Les principales compétences anthropologiques sollicitées chez elle ont été l’observation et l’analyse des pratiques quotidiennes. En effet, elle a interprété la culture de l’institution et de son nouveau milieu professionnel de la même manière qu’elle l’aurait fait sur un terrain anthropologique. Elle a rapidement conquis la sympathie de ses collègues, qui ont commencé à l’intégrer davantage et à lui faire confiance.

 
Pierre Boris Nnde Takukam – Chercheur postdoctoral, Fonds de recherche de la Croix-Rouge française (Ph. D. 2016, Postdoctorat en cours)

Après avoir obtenu un baccalauréat en sciences sociales en 2007 et une maîtrise en développement et management de projets en 2009, Pierre Boris Nnde Takukam oriente finalement sa formation vers l’anthropologie pour réaliser son doctorat qu’il obtient avec succès à l’Université Laval en 2016. Il ne s’arrête pas là. Pierre Boris s’affaire désormais à accomplir un postdoctorat en tant que chercheur dans le domaine de la coopération internationale. Depuis septembre 2016, il recueille des données auprès d’acteurs et de réfugiés en situation humanitaire grâce au Fonds de recherche de la Croix-Rouge française.

Expérience professionnelle antérieure
Avant d’obtenir cet emploi temporaire, Pierre Boris a réalisé différents contrats comme auxiliaire d’enseignement et chargé de cours au Département d’anthropologie de l’Université Laval, entre 2010 et 2015.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Son poste de chercheur pour la Croix-Rouge française est directement lié à sa formation avancée en anthropologie et cette dernière est essentielle, selon lui, à la réussite de sa mission. En effet, les données recueillies au cours de ses terrains ethnographiques dans les camps de réfugiés sont analysées grâce à des logiciels comme N'Vivo. Ensuite, les résultats sont transmis à la Croix-Rouge pour éclairer ses actions. Son doctorat en anthropologie lui a été très utile, le rendant apte à la recherche en lui procurant des outils précieux pour la construction de problématiques d’un point de vue critique et pour l'élaboration de solutions sur la base de résultats obtenus. Ces acquis lui sont essentiels aujourd’hui dans la réalisation quotidienne de son travail. Aussi, la maîtrise d’outils ou de logiciels d’analyse de données qualitatives développée grâce à sa formation en anthropologie lui est indispensable dans l’exercice de ses fonctions.

Finalement, Pierre Boris soutient que toute expérience de recherche (l’aspect routinier des pratiques de collecte de données) est importante pour un travail pertinent et d’un point de vue méthodologique, les approches participatives sont très mobilisées dans ses activités actuelles tout comme en anthropologie.