Des emplois pour des anthropologues

À quels types de poste mène une maîtrise en anthropologie?
 
Alexandre Jobin-Lawler – Enseignant en anthropologie, Campus Notre-Dame-de-Foy (B.A. 2002, M.A. 2005)

Alexandre est enseignant au Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF) à Saint-Augustin-de-Desmaures. Il a d’abord été engagé à temps plein pour donner des cours de sociologie et d’anthropologie, puis dans l’élaboration et la préparation de ses activités pédagogiques, il a débuté une nouvelle spécialisation : l’anthropologie des sports, une première au Québec. En outre, Alexandre fait de la recherche au collégial et est coordonnateur du département des sciences humaines du CNDF. Dans le cadre de son emploi, il a la responsabilité de préparer des activités pédagogiques, d’assurer le suivi dossiers étudiants et de contribuer à la transmission de connaissances.

Expériences professionnelles antérieures
Avant de passer à l’enseignement, Alexandre a œuvré dans le domaine de la coopération internationale. En s’associant avec le comité de solidarité Québec/Trois-Rivières, Alexandre est allé à Cuba pour effectuer son terrain de maîtrise en anthropologie. De plus, il a longuement travaillé au Plan Nagua, un organisme prônant la coopération internationale en Amérique du Sud.

Par la suite, Alexandre a été conférencier dans les cégeps pour partager son expérience sur le terrain à Cuba, chercheur au PAVOIS, un organisme communautaire subventionné par le gouvernement dont la mission concerne la santé mentale et la réinsertion et chercheur dans les dossiers culturels au conseil jeunesse de l’UNESCO.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Lors de son cheminement professionnel, Alexandre a eu la possibilité de peaufiner certaines habiletés anthropologiques. Il utilise diverses méthodes qualitatives de recherche et de travail, en plus de développer des compétences dans la présentation des rapports. Dans l’enseignement, Alexandre met de l’avant ses habiletés en relation de travail et en communication, en entretenant notamment de bonnes relations avec ses étudiants. L’anthropologie l’a aussi mené à faire preuve d’autonomie, une aptitude très utile dans son travail, au quotidien. 

 
Catherine Larouche - Professionnelle de recherche, Chaire de recherche Politiques, Connaissances, Santé, Institut de recherche en santé publique et Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal (B.A. 2006, M.A. 2010, Ph. D. en cours à l'Université McGill)

Depuis 2014, Catherine occupe un poste de professionnelle de recherche à la Chaire de recherche Politiques, Connaissances, Santé. Les tâches qui lui sont confiées impliquent principalement la rédaction d’articles scientifiques et la participation à l’élaboration de projets de recherche et au travail d’analyse dans des projets en cours portant sur l’organisation du système de santé et le développement de nouvelles approches méthodologiques. D’autres tâches consistent à collaborer sur des projets d’équipe et superviser des assistants de recherche. Dans le cadre de ses études doctorales, qu’elle mène en parallèle, Catherine obtient régulièrement des contrats temporaires et à temps partiel comme assistante de recherche et d’enseignement, ce qui implique la rédaction de demandes de bourse, la participation à la rédaction d’articles ou de protocoles de recherche, la correction d’examen d’étudiants au baccalauréat, la rencontre individuelle et le suivi des étudiants au baccalauréat ainsi que l’animation de séminaires de baccalauréat complémentaires aux cours obligatoires des étudiants. Elle a également obtenu des remplacements pour enseigner des cours de baccalauréat et le département d’anthropologie lui offre parfois des contrats de traduction de l’anglais au français, pour des projets de recherche en anthropologie.

Expériences professionnelles antérieures
Catherine a occupé plusieurs postes intéressants en lien avec la discipline anthropologique. Avant de se décider à retourner à l’Université pour réaliser des études doctorales, Catherine occupait un poste de coordonnatrice de recherche au campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski pour le département des Sciences de l’éducation. Par ailleurs, pendant ses études au baccalauréat et à la maîtrise, elle a été assistante de recherche et auxiliaire d’enseignement à l’Université Laval pour le département d’anthropologie et elle a occupé un poste d’agente de recherche au Ministère de la Santé et des Services Sociaux. 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Le parcours professionnel de Catherine demeure principalement lié au milieu universitaire et donc, elle considère que sa formation en anthropologie a été grandement utile non seulement en ce qui a trait au développement de capacités de rédaction et d’analyse, mais aussi sur le plan des connaissances « pratiques » en recherche qu’elle a acquises durant sa formation en anthropologie. Ces connaissances pratiques incluent la maîtrise des techniques de recherche bibliographique,  de collecte de données et d’analyse en recherche qualitative, mais aussi une connaissance de base des techniques de recherche et d’analyse quantitative et la capacité à utiliser différents logiciels d’analyse et de recherche. Bien qu’elle note que ce sont ces dernières qui lui servent le plus dans son poste de professionnelle de recherche en santé, elle mentionne que sa formation anthropologique plus théorique guide tout de même ses analyses et sa compréhension des différents enjeux sociaux sur lesquels elle a eu l’occasion de se pencher. Son expérience lui a appris qu’il est essentiel, en tant qu’anthropologue, de créer des réseaux de contacts professionnels pour obtenir des emplois, puisque souvent, ceux qui sont susceptibles d’intéresser les anthropologues ne sont pas affichés.

 
Catherine Morin-Boulais – Étudiante au doctorat / Différents postes en lien avec l'anthropologie (B.A. 2007 Université de Montréal et Institut d'ethnologie de l'Université de Neuchâtel en Suisse, M.A. 2010, Ph. D. en cours à l'Université Laval)

Après avoir fait une incursion sur le marché du travail à titre d’agente de planification, de programme et de recherche au Bureau d’évaluation continue de la satisfaction des clientèles (BECS) du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), Catherine a décidé de se lancer dans des études doctorales à temps plein, jumelées avec différents postes en lien avec la discipline anthropologique. Depuis la fin de l’été 2016, elle est stagiaire à l’Institut national de santé publique du Québec, à la Direction des risques biologiques et de la santé au travail. Ses mandats sont d’effectuer l'analyse de contenu des verbatim de groupes de discussion et la rédaction du rapport pour un projet intitulé « Consultation publique - Problèmes de retraitement des dispositifs médicaux : quand devrait-on rappeler les patients? ».

Expériences professionnelles antérieures
Auparavant, Catherine a été consultante à quelques reprises pour diverses sociétés, organisations et firmes. Elle a également été conférencière invitée au département d’anthropologie de l’Université Laval, où elle a partagé, avec les étudiants, l’expérience de terrain vécu dans le contexte de sa maîtrise, qui a porté sur les chasseurs d’orages.  Par ailleurs, à l’automne 2016, elle agissait comme auxiliaire d'enseignement pour le cours « Méthodes d'analyse de données qualitatives », au département d’anthropologie de l’Université Laval. Sa principale tâche était d’animer les séances de laboratoire sur le fonctionnement et l'utilisation du logiciel d'analyse qualitative N’Vivo.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour Catherine, c’est sa formation en anthropologie qui lui a permis d’être embauchée au CHUQ, puisque ses employeurs recherchaient une personne sensible aux réalités quotidiennes des patients et possédant des outils méthodologiques adaptés à la recherche avec des êtres humains. Elle considère qu’il y a une reconnaissance grandissante de l'apport des anthropologues sur le marché du travail. Par ailleurs, Catherine souligne que les compétences en recherche et en analyse qualitative développées au cours de sa formation en anthropologie constituent des atouts précieux dans les postes qu’elle occupe actuellement. 

 
Claudia Lessard - Coordonnatrice de projets d'intervention d'urgence, Médecins sans frontières et professeure en anthropologie, Cégep de Sainte-Foy (DEC en soins infirmiers, M.A., 2008)

La combinaison d’une formation en soins infirmiers et d’une maîtrise en anthropologie rend le parcours de Claudia réellement original. En effet, en plus d’enseigner l’anthropologie au Cégep de Sainte-Foy à travers différents cours thématiques, elle coordonne également des projets ponctuels d’intervention pour l’organisme Médecins sans frontières (MSF), et ce depuis 1994. Ses services sont mobilisés principalement dans des zones de guerre, mais aussi suite à des catastrophes naturelles où il est essentiel de mettre en place des programmes de réhabilitation des services d’urgence. Elle a notamment travaillé au Congo, en Haïti, au Sri Lanka, en Mauritanie, en Guinée et au Kenya. Ses compétences anthropologiques lui permettent notamment de faciliter les échanges interculturels.

Expériences professionnelles antérieures
Auparavant, Claudia a occupé différents postes en lien avec sa formation en soins infirmiers, qu’elle a mise à profit dans le monde du communautaire pour intervenir et sensibiliser dans les domaines de la santé mentale et sexuelle. De 2013 à 2014, elle a été conseillère en égalité entre les femmes et les hommes pour différents organismes et ministères dont le Secrétariat à la condition féminine et le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Elle a également été anthropologue consultante à quelques reprises pour des enjeux interculturels à la Maison du Nunavik, à Wendake, à Inukjuak et à l’Administration Régionale Kativik au Service de l'emploi, de la formation, du soutien du revenu et de garde à l'enfance. De 1998 à2011, elle a été membre de la Table de concertation sur l’immigration en Nouvelle-Beauce et membre du CA et responsable du comité de sensibilisation du Comité d’accueil et d’intégration des immigrants en Beauce Nord (CAIDI). Finalement, son impressionnant parcours professionnel l’amène à offrir diverses conférences pour des organismes et des établissements d’enseignement.

 
Dominic Simard – Professionnel de recherche, Université du Québec à Rimouski / Campus de Lévis ; Professeur d'anthropologie au Cégep de Lévis-Lauzon (B.A. 2006, M.A. 2009)

Sept ans après avoir terminé sa maîtrise en anthropologie à l’Université Laval, Dominic fait actuellement un retour aux études au deuxième cycle, cette fois en sciences de l’éducation, profil recherche. Cette formation supplémentaire concorde parfaitement avec son profil professionnel. En effet, Dominic est à la fois chercheur et enseignant en anthropologie.

Au cours des cinq dernières années, il a pu démontrer, dans le champ des sciences de l’éducation, ses compétences en tant que chercheur et coordonnateur sur des projets concernant les outils didactiques, la persévérance scolaire et la bande dessinée. Cela l’a conduit à travailler en étroite collaboration avec des didacticiens et des enseignants et à participer à la recherche, à la coordination, à la compilation, à l’analyse, à la rédaction, à la mise en forme et à la diffusion de divers documents et outils pédagogiques.

Comme professeur, au collégial, il a la chance de concevoir et d’utiliser une grande diversité d’outils didactiques et de stratégies pédagogiques. À ce jour, il a eu l’occasion de créer des contenus et du matériel éducatif pour huit cours différents, dont des cours en anthropologie, mais aussi en méthodologie, dans le programme d’histoire et civilisation au Cégep de Lévis-Lauzon.

Expériences professionnelles antérieures
De 2009 à 2011, Dominic a occupé un poste d’agent de participation citoyenne au sein du Forum jeunesse régional Chaudières-Appalaches. Au sein de cet organisme à but non lucratif soutenu par le Secrétariat de la jeunesse, il a assumé un ensemble de fonctions comme celles de concevoir, planifier, promouvoir et réaliser des activités de participation citoyenne pour les jeunes de 35 ans et moins de la région. Il travaillait en étroite collaboration avec différents partenaires, dans le but de créer des espaces d’échange et de discussion pour les jeunes. Cet emploi a permis à Dominic de mettre en valeur ses aptitudes en coordination, en animation et en mobilisation de la créativité, alors qu’on lui avait attribué d’importantes responsabilités au niveau organisationnel.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Dominic tient à souligner que ses études en anthropologie lui ont permis de réaliser à quel point la triade « donner-recevoir-rendre » est un pilier incontournable pour établir des relations humaines de qualité et la transmission du savoir. Par ailleurs, l’esprit analytique et critique, la créativité, la curiosité intellectuelle, les habiletés de rédaction et de synthèse, l’ouverture d’esprit et la grande capacité d’adaptation sont des compétences importantes, façonnées et mises de l’avant en anthropologie. 

 
Émilie Allaire – Agente de recherche, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS de la Capitale-Nationale) (B.A. 2014, M.A. 2016)

Depuis 2013, Émilie œuvre à titre contractuel dans différents projets du CIUSSS de la Capitale-Nationale qui touchent les travailleurs de la santé, les rites et les rituels en centre d’hébergement, ainsi que les soins palliatifs. C’est dans ce domaine de recherche qu’elle a effectué sa maîtrise, à l’Université Laval ; son mémoire s’intéressait aux préposées et préposés aux bénéficiaires immigrants, au Québec.

L’expertise d’Émilie lui permet de s’investir dans un projet participatif qui implique des préposés aux bénéficiaires. Dans le cadre de ce projet, elle a pour mandat de contacter les milieux où des participantes et participants peuvent être recrutés, de préparer la demande d’approbation d’éthique, de gérer le recrutement des participants, de réaliser la collecte et l’analyse de données et de rédiger un rapport. Elle coordonne donc l’entièreté des activités liées à ce projet de recherche, comme à d’autres qui lui sont aussi attribués.

Expériences professionnelles antérieures :
Pendant ses études de maîtrise, Émilie a été embauchée pour contribuer à un projet de recherche visant à étudier les impacts du travail émotionnellement très exigeant qu’est celui de préposée ou préposé aux bénéficiaires. Depuis, Émilie est sollicitée pour participer à tous les projets qui touchent cette clientèle. L’un d’entre eux consistait à organiser, en collaboration avec trois chercheurs, un symposium sur les enjeux et les défis du métier de préposé et d’auxiliaire dans le système de santé québécois. Son rôle a été d’agir en tant qu’intermédiaire entre les intervenants et les chercheurs invités, en plus d’organiser la journée. Elle a eu à préparer le matériel écrit, effectuer des ateliers de préparation avec les intervenants et assumer la rédaction du rapport synthèse de la journée. Ses compétences en analyse et en rédaction, développées au cours de son parcours en anthropologie, lui ont été fort utiles.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi :
Selon Émilie, au Québec, les anthropologues ont acquis de la notoriété dans les milieux de la médecine sociale, notamment pour leur expérience en recherche qualitative. Les compétences acquises au 2e cycle et la capacité de planifier et diriger une recherche scientifique sont un atout pour dénicher un emploi dans ce secteur.

L’évaluation est une autre activité qui mobilise les anthropologues dans ce secteur d’intervention. Il s’agit, dans ce cas, de réaliser une description approfondie de la réalité d’un milieu et de suggérer des actions et des stratégies visant à bonifier ou renouveler ses pratiques. Émilie en a fait l’expérience. Par l’observation participante et la réalisation d’entrevues individuelles, elle a récolté diverses informations dans le but d’émettre des recommandations et d’améliorer le fonctionnement d’une équipe de soins palliatifs en centre d’hébergement. 

 
Geneviève Beauvais – Assistante douanière, Ambassade du Canada à Buenos Aires (M.A. 2015)

Le profil de Geneviève est très intéressant puisqu’il combine une formation de deuxième cycle en anthropologie à un baccalauréat en rédaction et multimédia obtenu en 2010 ainsi qu’à un diplôme d’études supérieures en Médiation et gestion de conflits (2012). Ce bagage acquis par l’entremise d’une formation diversifiée l’a menée à travailler en tant qu’assistante douanière à l’ambassade du Canada à Buenos Aires, en Argentine. Elle occupe ce poste depuis le mois d’avril 2016. Son travail consiste entre autres à agir comme personne-ressource pour l'accueil des diplomates canadiens et la préparation de leur logement à Buenos Aires. Elle doit aussi s’occuper du déménagement de leurs effets personnels depuis le Canada ou depuis d'autres missions étrangères. Par ailleurs, elle est chargée de la gestion du matériel et de la logistique pour les évènements organisés par l'Ambassade et est en communication régulière avec le Ministère des Relations extérieures locales pour traiter de différents dossiers.

Expériences professionnelles antérieures
Auparavant, Geneviève a été coordonnatrice de la vie étudiante à l’Université, un poste qu’elle a occupé de 2011 à 2014, et qui lui a permis de mettre de l’avant des compétences de gestion et d’organisation. En outre, de 2011 à 2014, elle a été professeure de français langue seconde, poste dans le cadre duquel elle a pu mettre à profit les compétences interculturelles développées au cours de sa formation en anthropologie.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour elle, l’anthropologie s'applique à tous les milieux professionnels puisqu'elle forge la curiosité, le respect des autres et le développement du regard critique. Elle spécifie que dans son parcours de vie et dans le poste qu’elle occupe actuellement, l’anthropologie lui a donné non seulement des outils pour évoluer plus aisément dans un milieu interculturel et différent de celui d’où elle provient, mais également une ouverture d'esprit essentielle pour intervenir dans la gestion de conflits ou dans des négociations serrées, situations auxquelles elle est régulièrement confrontée dans son travail. 

 
Julie Payne-Gagnon – Professionnelle de recherche, Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec (B.A. 2009, M.A. 2012)

En emploi depuis 2012 pour le centre de recherche du CHU de Québec (Hôpital Saint-François d’Assise), Julie travaille présentement pour une professeure titulaire de la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. Ses principales tâches consistent à planifier et à réaliser les activités de recherche associées à chacune des étapes d’un projet : préparer des demandes de subvention et d’approbation éthique, développer des outils de recherche, recruter des participantes et des participants, recueillir des données, les analyser, rédiger, soutenir les étudiants à la maîtrise et au doctorat dans l’exécution de leurs contrats, coordonner des activités de formation et de dissémination, présenter les résultats de recherche lors de congrès et d’ateliers de formation, participer à l’élaboration de revues de littérature, etc.

Expériences professionnelles antérieures
Pendant ses études, Julie a pu expérimenter l’enseignement de l’anthropologie en effectuant sa formation pratique au Cégep de Limoilou. Ainsi, en 2008, elle a contribué au cours « Relations interculturelles et racisme ». Par la suite, elle a agi comme auxiliaire d’enseignement au département d’anthropologie de l’Université Laval, pour le cours « Cultures populaires et mondialisation ». 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Les tâches qui lui incombent quotidiennement dans son travail en tant que professionnelle de recherche relèvent de compétences acquises au cours de sa formation en anthropologie, principalement au deuxième cycle. Néanmoins, plusieurs apprentissages qui remontent à sa formation de baccalauréat lui sont encore utiles aujourd’hui, comme ceux liés l’anthropologie de la santé, aux techniques d’enquête ethnographiques ou aux méthodes d’analyse de données qualitatives. Bien que les approches qualitatives soient un atout de la discipline anthropologique et qu’elles soient appréciées par les collègues issus de différentes disciplines et professions, les méthodes quantitatives, moins connues des anthropologues, sont très présentes dans le milieu de la santé. Julie a donc dû se familiariser avec ce type d’approche dans le cadre de son travail.

La compétence anthropologique la plus sollicitée chez elle est la débrouillardise. Il y a beaucoup de moments en recherche, soutient-elle, où elle doit composer avec peu d’information, un manque de connaissances ou l’absence d’expérience préalable en lien avec une tâche spécifique à remplir. Elle a l’impression que les anthropologues qui œuvrent dans son milieu de travail, tout comme elle-même, sont outillés pour faire face à ce genre de situation et ne sont pas facilement désarmés face à l’inconnu. 

 
Karine Dubé – Chargée de projet, spécialiste en évaluation des impacts sociaux, Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (B.A. 2008, M.A. 2012)

L’emploi occupé par Karine consiste à évaluer les conséquences positives ou négatives, sur la société, des grands projets de développement réalisés au Québec, comme c’est le cas, par exemple, des centrales hydroélectriques, des parcs éoliens, des routes et des autoroutes, des lieux d’enfouissement technique ou des mines. Son mandat consiste donc à analyser les impacts sociaux et à rédiger des rapports mettant de l’avant des solutions pour limiter le plus possible les effets négatifs des projets et de proposer des mesures afin d’en maximiser les retombées positives pour les individus et les communautés.

Expériences professionnelles antérieures
Auparavant, Karine a occupé plusieurs postes de professionnelle de recherche pour différents centres de recherche dans lesquels elle a été en mesure de mettre à profit les compétences acquises dans le cadre de sa formation en anthropologie. En 2012, elle a travaillé pour leCentre de recherche du CHU de Québec, où elle devait réaliser les différentes étapes (recension des écrits, recrutement, entrevues, analyse des données, rédaction d’un rapport) d’un projet de recherche visant à explorer l’effet des technologies de l’information et des communications sur le recrutement et la rétention des professionnels de la santé dans les communautés autochtones situées en régions éloignées. Avant cela, elle a été professionnelle de recherche pour la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval, où elle s’est vue confier la tâche de réaliser l’examen critique d’articles scientifiques. En 2011, elle a été assistante de recherche pour la Direction de la santé environnementale et de la toxicologie de l’Institut national de santé publique du Québec. Ses mandats consistaient, notamment, à synthétiser les résultats d’une recherche portant sur les dimensions sociales et culturelles du phénomène de prolifération des cyanobactéries au Québec et de l’observance des avis de santé publique, à présenter les résultats de l’étude aux partenaires du projet et à rédiger un article scientifique présentant ces mêmes résultats à un public de chercheurs.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’étude
Sa formation en anthropologie lui a été très utile, aussi bien dans le cadre de ses expériences professionnelles antérieures que dans celui de son emploi actuel. L’évaluation des impacts sociaux requiert une compréhension des dynamiques sociales et des comportements humains, ainsi que des compétences d’ordre méthodologique. La discipline anthropologique lui permet de mieux saisir, dans une perspective globale, la complexité et la diversité des enjeux sociaux et culturels contemporains, qu’elle analyse dans une perspective critique. Le volet plus « pratique » du baccalauréat et de la maîtrise, lors de laquelle elle s’est spécialisée dans le domaine de l’environnement, lui ont permis d’acquérir des aptitudes en recherche, en collecte et en analyse de données qualitatives, ainsi que des compétences rédactionnelles qui lui sont aujourd’hui toutes indispensables. Par ailleurs, sa spécialisation en environnement lui a permis d’acquérir une connaissance des cadres théoriques et de concepts propres à l’analyse sociale de sujets environnementaux.

 
Marie-Pierre Renaud – Professionnelle de recherche, Chaire de recherche en médecine d'urgence, Université Laval et CISSS Chaudière-Appalaches (Certificat en études autochtones 2009, B.A. 2010, M.A. 2013)

Avec en main un certificat, un baccalauréat et une maîtrise en anthropologie, Marie-Pierre détient une formation spécialisée dans cette discipline et c’est pour cette raison qu’elle s’est dirigée vers la recherche qui lui permet de mettre en valeur les compétences acquises dans son parcours universitaire. Elle est actuellement professionnelle de recherche pour la Chaire de recherche en médecine d'urgence, basée à l'Université Laval et au CISSS Chaudière-Appalaches. Elle travaille sur un projet ayant pour objet les urgences rurales du Québec. En plus de son travail dans le domaine de la santé, elle agit également à l’occasion comme anthropologue consultante et réalise différents mandats, principalement en lien avec les communautés autochtones. Dans un tout autre ordre d’idées, elle est éditrice d'un blogue intitulé The Geek Anthropologist, qui analyse la culture geek et ses composantes, dans une perspective anthropologique.

Expériences professionnelles antérieures
Marie-Pierre a occupé plusieurs emplois se rattachant à la discipline anthropologique avant de se placer en tant que professionnelle de recherche. Elle a été assistante dans de nombreux projets de recherche, principalement en lien avec les autochtones et le domaine de la santé. Par ailleurs, elle a animé des séances de formation à l’interculturel et au choc culturel pour des groupes d’étudiants partant effectuer des stages en coopération internationale à l’étranger. Puis, elle a travaillé à la coordination, à la rédaction et à la réalisation de la mise en page pour deux numéros des Cahiers du CIÉRA.

La pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
La perspective anthropologique lui a apporté, tout au long de son parcours professionnel, un regard unique au sein des équipes avec lesquelles elle a travaillé dans le cadre des mandats de recherche réalisés. En plus des connaissances théoriques et pratiques acquises pendant sa formation, elle a également développé une créativité, une ouverture d’esprit et une originalité qu’elle avoue reconnaître chez plusieurs autres anthropologues, ce qui fait d’eux, selon elle, d’excellents chercheurs, mais aussi des communicateurs hors du commun. Parce que la formation en anthropologie est aussi étroitement liée à la communication interculturelle, elle se sent bien outillée pour collaborer au sein d’équipes multidisciplinaires.

 
Marilyne Vivion – Agente de recherche et de planification, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) (B.A. 2011, M.A. 2013, Ph. D. en cours)

Des études de 1er, 2e et 3e cycle en anthropologie ont outillé Marilyne pour œuvrer dans le milieu professionnel de la recherche. Dans le cadre de son emploi comme agente de recherche et de planification, Marilyne conçoit et réalise des projets de recherche, rédige des recensions d’écrits, prépare des protocoles de recherche, effectue de la cueillette de données par le biais d’entrevues, analyse des données à l’aide de méthodes qualitatives et quantitatives, et rédige des rapports de recherche et des articles.

 
Mathieu Poulin-Lamarre – Enseignant en anthropologie, Cégep de Sherbrooke (B.A. 2009, M.A. 2012, Ph. D. en cours)

Depuis 2013, Mathieu Poulin-Lamarre partage sa passion pour l’anthropologie, laquelle s’est développée pendant ses études de baccalauréat et de maîtrise à l’Université Laval. En effet, il occupe un poste (temporaire) d’enseignant en anthropologie auprès de collégiennes et collégiens sherbrookois. Ses principales tâches sont de préparer ses cours, de les enseigner, de corriger les examens et les essais de ses étudiants, d’être disponible pour ces derniers et de rendre des services professionnels (SPR).

Expériences professionnelles antérieures
Mathieu n’a pas tardé à faire son entrée dans le domaine de l’enseignement. En effet, en 2011, tout juste avant de compléter sa maîtrise, il enseigne déjà l’anthropologie au Séminaire de Sherbrooke et il le fera jusqu’en 2012. Cette expérience lui donne un air d’aller pour les années à venir. En effet, Mathieu a cumulé divers postes au sein d’établissements d’enseignement québécois. De 2012 à 2016, il a été chargé de cours en anthropologie à l’Université Laval tout en étant enseignant au Collège Lasalle durant les sessions d’été, de 2014 à 2016, et au Cégep de St-Hyacinthe à l’automne 2015.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Au cours de ses études en anthropologie, Mathieu s’est créé un réseau de contacts considérable. Plus particulièrement, ses recherches de maîtrise en Chine et au Vietnam lui ont permis de rencontrer des professeurs du Cégep de Sherbrooke responsables d’un stage interculturel au Vietnam et d’être invité pendant plusieurs années à donner une conférence sur l’anthropologie des hautes terres du Vietnam. Ainsi, lorsqu’un poste s’est ouvert dans ce cégep, Mathieu était déjà bien connu dans le milieu, ce qui l’a grandement avantagé pour l’obtention de son emploi, soutient-il. D’ailleurs, sa facilité à créer des contacts clés lui aura aussi ouvert des portes au Collège Lasalle et au Cégep de St-Hyacinthe.

Par ailleurs, depuis 2015, Mathieu est l’un des responsables du stage au Vietnam du programme de sciences humaines du Cégep de Sherbrooke. Que ce soit localement, ou au Vietnam, auprès de leurs partenaires tels que l’Université d’Hanoi ou le Musée d’ethnographie du Vietnam, le fait que Mathieu ait effectué ses recherches de terrain dans la région lui donne une crédibilité précieuse pour représenter et défendre les intérêts du projet. Finalement, sa formation en anthropologie lui permet d’encadrer les étudiants sur le terrain en les aidant à développer leur réflexivité, ce qui leur permet d'interroger leurs propres a priori sur le monde.

 
Maude Carignan – Professionnelle de recherche, Centre d'Excellence sur le Vieillissement de Québec (B.A. 2009, M.A. 2014)

Maude détient un baccalauréat et une maîtrise en anthropologie, avec un mémoire intitulé Écotourisme et conservation environnementale : Le cas d’Isla Arena, Campeche, Mexique. Une fois sa maîtrise terminée, elle s’est placée en tant que professionnelle de recherche pour le Centre d'Excellence sur le Vieillissement de Québec, un poste qu’elle occupe encore à ce jour. Ses tâches sont très variées et font appel aux compétences théoriques et pratiques développées pendant sa formation. Elle coordonne, à toutes leurs étapes, les différents projets de recherche de la chercheuse principale qu’elle assiste. Dans un premier temps, elle s’occupe de mettre en place les conditions de démarrage de la recherche en participant, entre autres, à l'élaboration des devis de recherche, des demandes de subvention et en effectuant les démarches requises auprès des divers comités éthiques et pour l’obtention d’attestations de convenance entre établissements. Par la suite, elle assure le recrutement de participants et prépare les guides d'entrevue. Afin de recueillir de l’information pertinente à la recherche, elle anime des groupes de discussion et mène des entrevues individuelles, à la suite desquelles elle effectue l'analyse qualitative des données recueillies. Elle participe au projet de recherche jusqu’aux toutes dernières étapes, puisqu’elle produit les rapports finaux et contribue au transfert des connaissances et à la rédaction d'articles scientifiques.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour Maude, les cours de méthodologie offerts dans les programmes d’anthropologie, au baccalauréat comme à la maîtrise, lui ont permis d’acquérir une base solide en ce qui a trait à la recherche qualitative. De plus, les deux recherches menées sur le terrain dans le cadre de sa formation, notamment dans le contexte du cours de Terrains et pratiques anthropologiques et lors de la réalisation de sa maîtrise, lui ont permis non seulement de développer un sens critique, mais aussi de saisir de belles opportunités d'apprentissage sur la recherche empirique, la gestion des imprévus et la coordination de projets de recherche, de la rédaction du cadre conceptuel jusqu'au rapport final. Ces éléments, on le constate, sont plus que pertinents pour son emploi actuel.

 
Myriam Mallet – Professionnelle de recherche, Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec (B.A. 2011, M.A. 2014)

Myriam agit à titre de professionnelle de recherche au CJHU de Québec depuis mai 2016. Elle soutient un chercheur en médecine d’urgence à différentes étapes de ses activités, principalement au niveau administratif, éthique et dans la collecte et l’analyse de données. Ses tâches varient donc en fonction du degré d’avancement des projets ; il peut s’agir de planifier des rencontres avec des professionnels de la santé, créer des bases de données, développer des stratégies de recrutement de patients pour des études prospectives et rétrospectives de dossiers, recueillir des données de différents départements, rédiger des comptes rendus et présenter des processus de soins sous forme de cartographies.

Expériences professionnelles antérieures
Myriam est une touche-à-tout. Son projet de formation pratique, qui a pris la forme d’une recherche individuelle réalisée en Égypte (2010), était comparatif. Elle a analysé les perceptions et les attentes des touristes et celles des travailleurs du tourisme en Égypte. Puis, lors de sa maîtrise, elle s’est intéressée plus particulièrement aux Égyptiennes, mais cette fois au sein d’une communauté diasporique d’Italie.

Tout juste après sa maîtrise, Myriam s’est installée à Pakuashipi, une communauté innue de la Côte-Nord du Québec ; elle s’y est fait offrir des emplois uniques et inattendus : elle a enseigné à l’école du village et est devenue coordonnatrice d’un programme offrant des métiers spécialisés aux jeunes n’ayant pas obtenu leur diplôme d’études secondaires. Une expérience très enrichissante, soutient-elle.

Par la suite, Myriam a entrepris son parcours en recherche. Au CHU de Québec, elle a gravi quelques échelons au cours des deux dernières années. Elle a débuté comme assistante de recherche, en 2015, pour ensuite devenir coordonnatrice de projet en 2016 (CHUL et Hôpital Saint-Sacrement). D'ailleurs, les mots-clés : « agent », « assistant », « coordonnateur », « auxiliaire » sont essentiels à retenir pour tout anthropologue qui espère obtenir un emploi en recherche, soutient-elle.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Le parcours en anthropologie de Myriam lui a permis d’acquérir plusieurs habiletés pertinentes à la recherche scientifique. D’abord, elle a développé une bonne capacité d’adaptation qui la guide tant sur des terrains de recherche à l’étranger que dans des milieux de travail variés (université, école secondaire, hôpital). Aujourd’hui, Myriam œuvre au sein d’une équipe multidisciplinaire qui rallie différents professionnels et intellectuels.

Plusieurs méthodes de collectes de données, comme la recherche documentaire ou l’enquête de terrain, peuvent s’avérer un atout en recherche, tout comme dans la majorité des domaines d’emploi, selon Myriam. La maîtrise de différents logiciels de traitement de données (Nvivo, Excel, Visio, Endnote, Access), qu’elle a eu l’occasion de consolider, au 2e cycle, facilite également son travail. Finalement, une bonne capacité de rédaction, acquise lors de sa formation, lui est également essentielle dans son milieu professionnel.

 
Nadine Bolduc – Agente de planification, de programmation et de recherche, CIUSSS de la Capitale Nationale (M.A. 2004)

Intéressée par le domaine, Nadine s’est rapidement spécialisée en anthropologie de la santé. Son mémoire intitulé Communauté, souffrance et crise. Un regard anthropologique sur l'« être ensemble » est indicatif de ses intérêts. Elle a poursuivi dans ce domaine et travaille aujourd’hui comme agente de planification, de programmation et de recherches pour le Centre de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale Nationale. Bien qu’elle ait exploré plusieurs sujets de recherche tous reliés à la santé, elle a plus récemment développé une expertise dans le domaine du transfert et de l’application des connaissances et œuvre particulièrement au niveau des pratiques innovantes dans le milieu de la santé.

Dans le cadre de son emploi, elle a la responsabilité d’effectuer de la recherche documentaire sur diverses problématiques sociales. Elle doit également évaluer les besoins des équipes cliniques et les accompagner dans le développement et l’implantation de pratiques innovantes en santé et dans les services sociaux. Par ailleurs, en tant qu’agente de planification et de programmation, Nadine est chargée d’organiser des activités et des plans de transfert des connaissances, mais également assurer la supervision de projets, des communications et des liens avec les partenaires. En outre, dans une perspective plus large, elle participe à la définition des orientations et des activités de l’ensemble de l’établissement. Ces tâches multiples lui permettent de mettre à contribution des compétences de gestion et de coordination.

Expériences professionnelles antérieures
Nadine a été professionnelle en évaluation pour le Consortium en évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé et services sociaux en première ligne (CETMISSS-PL); courtière de connaissances pour l’Observatoire québécois des réseaux locaux de services (OQRLS); responsable des communications et du soutien administratif pour le Groupe de recherche sur l’inclusion sociale; l’organisation des services et l’évaluation en santé mentale (GRIOSE-SM); chargée de sessions cliniques pour un cours au Département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval. 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
L’anthropologie a permis à Nadine de développer des aptitudes en informatique, notamment sur le plan du traitement de données, de la recherche documentaire et de la mise sur pied d’outils de transfert de connaissances. Dans son travail, elle utilise constamment son sens critique ainsi que son esprit de synthèse et de vulgarisation pour présenter les résultats de ses recherches, un bagage théorique qu’elle a acquis lors de sa formation universitaire. Dans une perspective plus pratique, la réalisation d’une maîtrise dans la discipline anthropologique lui a permis de développer des techniques de recherche ethnographique qui lui servent aujourd’hui dans la réalisation de travaux de terrain avec les équipes cliniques. Finalement, l’anthropologie constitue un atout intéressant dans l’expérience professionnelle de Nadine, puisqu’elle réalise des travaux de collaboration avec des partenaires multidisciplinaires et qu’elle met de l’avant des enjeux sociaux fortement influencés par son parcours.

 
Renée Ménard – Consultante indépendante en Amérique Latine (M.A. 1993)

Renée est consultante indépendante en Amérique Latine. Résidente permanente du Pérou, elle offre ses services en analyse de risques sociaux, en vérification sociale, en surveillance socio-environnementale (« monitoring ») et en processus de réinstallation. Ses clients sont principalement des institutions financières internationales (IFC, IDB, CAF) ou des entreprises qui appliquent pour des prêts dans ces institutions. Dans ce cas, son travail consiste à s’assurer du respect des normes de rendement de ces institutions et de l’application des meilleures pratiques dans les secteurs choisis.

Expériences professionnelles antérieures
Depuis plus de 20 ans, Renée travaille dans le secteur du développement international. Pendant les premiers dix ans, elle est intervenue directement auprès de communautés paysannes du Costa Rica et du Pérou, à titre d’agente communautaire ou de coordonnatrice socio-environnementale. Puis, elle a occupé un emploi dans un projet bilatéral Canada/Pérou (appelé PERCAN), qui était financé par l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI). Elle était chargée du volet social du projet en question, qui concernait le secteur minier.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Au fil des différents emplois qu’elle a occupés dans le domaine du développement international, Renée a eu la possibilité de mettre de l’avant une habileté franchement anthropologique, celle de travailler au sein d’une équipe multidisciplinaire et multiculturelle. Ses capacités organisationnelles sont également mobilisées à l’occasion de la réalisation de recherches scientifiques. En effet, elle assume la planification et la coordination de projets sociaux, en plus de leur suivi et de leur évaluation. 

 
Marc-André Morency – Agent de développement, Table nationale des corporations de développement communautaire (B.A. 2011, M.A. 2014)

Marc-André a été embauché à l’automne 2016 en tant qu’agent de développement pour la Table nationale des corporations de développement communautaire (TNCDC), un organisme national chapeautant toutes les Corporations de développement communautaire de la province de Québec.  Dans le cadre de cet emploi, il doit mobiliser des compétences en analyse, notamment de l’actualité politique, en synthèse d'information, en coordination ainsi qu’en communication verbale et écrite. Il se voit donc confier la tâche de rallier l'information utile au développement de ce réseau et d’effectuer un travail de concertation sur des enjeux de justice sociale touchant les différents organismes communautaires membres. Son emploi nécessite la réalisation d’une analyse détaillée de l’actualité politique afin de bien saisir les enjeux autour d'une question sociale particulière et par la suite, il doit synthétiser les arguments de chacun des acteurs sociaux concernés par cet enjeu et dégager des pistes de réflexion. Pour ce faire, il est en contact régulier avec une multitude d'acteurs sociaux, individus comme regroupements, de manière à dégager de l'information et à développer des projets.

Expériences professionnelles antérieures
Juste avant d’occuper ce poste, Marc-André a décroché deux courts contrats qu’il a accomplis pendant l’été 2016 et qui lui ont permis de mettre en pratique les compétences acquises pendant sa formation en anthropologie. Il a, d’une part, été agent de recherche à La Maison Plamondon à Saint-Raymond-de-Portneuf. Son mandat consistait  à documenter l'histoire générale de Saint-Raymond, sous de multiples aspects, et de remettre un rapport exhaustif, lequel sera utilisé pour préparer une exposition permanente dans la maison en question. Ensuite, il a agi comme agent en promotion et recrutement au Service d'orientation et d'intégration des immigrants au travail (le SOIT). Dans ce cas, il s'agissait de mener une enquête (sondage en ligne) auprès des usagères et usagers des services de l’organisation pour évaluer l'impact des services du SOIT sur leur cheminement professionnel et leur degré de satisfaction par rapport aux services reçus.  

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour Marc-André, la formation en anthropologie permet de développer de multiples compétences qui sont transposables dans divers milieux professionnels, à condition de bien savoir les mettre en valeur. Des habiletés en rédaction, analyse, communication et une bonne capacité d'adaptation au milieu apparaissent régulièrement comme aptitudes requises dans les offres d'emploi. Selon lui, la maîtrise permet de se faire valoir particulièrement au niveau relationnel et communicationnel, en raison de la réalisation d’une recherche de terrain et de la possibilité de présenter des communications scientifiques. Selon lui, le poste qu’il occupe actuellement a été obtenu en grande partie en raison de son parcours académique en anthropologie. Il souligne que pour être sélectionné, il a dû démontrer sa capacité à développer des analyses critiques sur de multiples enjeux sociaux et à les synthétiser, ses capacités d'adaptation à des différents milieux sociaux, ainsi que ses habiletés en rédaction et communication, lesquelles ont été acquises en  s’adressant à différents publics pendant ses études de maîtrise. Les tâches qu’il doit effectuer, comme le réseautage, la collecte de données et l’observation participante, sont plus que cohérentes avec les compétences de terrain développées pendant sa formation en anthropologie.