Des emplois pour des anthropologues

Un certificat en études autochtones, ça donne quoi?
Audrée Ross - Analyste en consultation autochtone (B.A. en affaires publiques et relations internationales 2012, Certificat en études autochtones 2016, M.A. en études internationales 2016)

Pendant son parcours dans un baccalauréat intégré en affaires publiques et relations internationales, Audrée s’est découvert un très grand intérêt pour la question autochtone. Désirant se spécialiser davantage dans le domaine, elle a décidé de s’inscrire au certificat en études autochtones offert par le département d’anthropologie à l’hiver 2015. À la suite à l’obtention de ce certificat, en 2016,  elle a décidé de poursuivre à la maîtrise en études internationales à l’Université Laval. Sa maîtrise s’intitule Femmes autochtones assassinées ou disparues du Canada et féminicide au Mexique : la construction du problème par les États et les réactions possibles. Son intérêt pour les enjeux liés aux autochtones l’a amenée à occuper un emploi d’analyste en consultation autochtone pour la Direction de l’évaluation environnementale des projets nordiques et miniers du Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec. Depuis le mois d’août 2016, elle a le mandat de représenter le Ministère auprès de certaines collectivités pour des dossiers à caractère environnemental, notamment en déterminant les consultations à effectuer auprès des communautés autochtones pour certains projets étant assujettis à la procédure d’évaluation environnementale. Par ailleurs, elle doit conseiller les chargés de projet de la Direction générale de l’évaluation environnementale et les accompagner à chaque étape de la procédure en ce qui concerne la consultation autochtone. Finalement, son travail l’amène à accomplir des tâches d’analyste dans différents dossiers liés au respect de nos obligations légales envers les autochtones, à la révision des régimes de protection de l’environnement et à l’application des procédures d’évaluation environnementale dont la Direction est responsable.

Expériences professionnelles antérieures
De 2014 à 2015, toujours en lien avec son intérêt pour la question autochtone, Audrée a occupé  un poste d’employée étudiante pour la Direction des services aux autochtones et du développement nordique du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec. Dans le cadre de cet emploi, elle devait d’une part analyser des demandes de subvention visant à aider les élèves autochtones au sein du réseau scolaire québécois et d’autre part allouer les fonds selon une mesure budgétaire du ministère. Son travail l’amena également à concevoir et rédiger un guide destiné aux intervenants œuvrant auprès des élèves autochtones du réseau scolaire québécois dans lequel se retrouvent des initiatives inspirantes, guide qui est par la suite devenu une publication officielle du gouvernement du Québec. Auparavant, soit de 2012 à 2013, elle a été stagiaire au sein du même ministère. En tant que stagiaire, Audrée a dû rédiger un rapport de recherche qui recensait l’ensemble des mesures encadrant l’éducation des élèves autochtones au Canada et s’est vu confier la tâche d’analyser les politiques publiques de chaque province et territoire afin d’en tirer des recommandations pour le Québec.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour elle, son certificat en études autochtones a été un atout majeur dans sa candidature pour le poste qu’elle occupe actuellement, mais également dans les emplois qu’elle a précédemment occupés. Elle note que son année de formation dans la discipline anthropologique a été reconnue comme une année d’expérience dans son échelon salarial, ce qui a permis de bonifier son salaire. Elle considère que ce certificat constitue une spécialisation de choix pour n’importe quel professionnel désirant travailler dans les affaires autochtone et que les cours suivis dans le cadre de cette formation lui ont permis d’ouvrir ses horizons et d’enrichir grandement sa compréhension des enjeux globaux vécus par les communautés autochtones. Elle souligne également qu’elle a l’impression que certains cours lui ont permis de comprendre avec finesse le caractère profondément unique du rapport que les Autochtones ont avec le territoire, la faune et la flore, ce qui lui permet de recevoir leurs préoccupations avec une plus grande sensibilité interculturelle. Son parcours en anthropologie fait aussi en sorte qu’elle adopte une approche personnalisée dans ses interventions, par crainte « d’essentialiser »  la culture autochtone et de généraliser ou d’appliquer une même recette à chacun. Finalement, ses cours d’anthropologie lui ont donné des repères afin de mieux gérer les modalités de ses consultations, notamment en tentant le plus possible d’échanger à l’oral avec ses partenaires et d’offrir de la souplesse dans les délais et la façon de donner des réponses.