Des emplois pour des anthropologues

Quel genre d'emploi occupent les personnes diplômées du baccalauréat en anthropologie ?
 
André Martineau – Recherchiste, radio de Radio-Canada (B.A. 2006)

Après l’obtention de son baccalauréat en anthropologie en 2006, André a décroché un emploi pour les services de radiodiffusion de Radio-Canada. Il occupe depuis 2007 un poste contractuel de recherchiste radio pour Ici Radio-Canada Première. Depuis 2015, il s’est joint à l'équipe de l’émission « Aujourd'hui l'histoire », pour laquelle il s’occupe de l'habillage sonore au moyen d'archives.

Expériences professionnelles antérieures
Plusieurs d’entre vous ont certainement déjà entendu la voix d’André Martineau à Radio-Canada, puisque de 2012 à 2015, il a conçu et animé l'émission radio « À rebours », qui présentait des rubriques historiques sous forme de courtes capsules quotidiennes. Par ailleurs, à partir de 2007, il a travaillé comme reporter, chroniqueur et réalisateur à Radio-Canada et chez d'autres diffuseurs pour une variété d'émissions.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour André, les anthropologues sont très habiles à ébranler les certitudes sociales sur une soi-disant réalité, et c'est un enseignement qu’il considère très précieux dans le cadre de son travail. Ses études en anthropologie l’ont préparé au marché de l’emploi en lui donnant des outils pour réfléchir au-delà des stéréotypes et des idées reçues. Pour lui, la dimension théorique, qui occupe une place importante dans la formation en anthropologie, lui a permis d’être sensibilisé aux grands courants idéologiques des sciences sociales du 20e siècle, ce qui lui est utile dans ses recherches pour mettre sur pied des rubriques historiques pertinentes. À ce sujet, il note que la capacité à faire de la recherche documentaire est un atout important en journalisme, et c'est là un autre apprentissage rendu possible grâce à ses études en anthropologie. 

 
Anne-Marie Lapointe – Chargée de bénévoles, Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles (B.A. 2016, Certificat en études autochtones 2016)

Avec en main un baccalauréat en anthropologie ainsi qu’un certificat en études autochtones, Anne-Marie a été engagée à titre de chargée de bénévoles pour Le Tremplin (Lévis), un emploi permanent qu’elle occupe depuis juin 2016. Le Tremplin vise à favoriser l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes et de briser leur isolement en rapprochant les cultures, ce qu’il fait en promouvant le jumelage interculturel. Dans le cadre de son travail, Anne-Marie stimule et dynamise la vie associative de l’organisme en favorisant l’implication des bénévoles dans toutes les sphères d’activités. Pour ce faire, elle est responsable du recrutement et de l’encadrement des bénévoles pour l’organisme.  C’est elle qui détermine leurs tâches et responsabilités en fonction de leurs intérêts particuliers. De plus, de concert avec une autre intervenante, Anne-Marie élabore et réalise un calendrier d’activités de rapprochement interculturel et d’autofinancement pour permettre à l’organisme de poursuivre sa mission auprès de la communauté lévisienne. Elle est également responsable de jumeler les bénévoles aux personnes immigrantes et d’assurer les suivis mensuels.

Expériences professionnelles antérieures
Avant d’être embauchée par Le Tremplin à titre d’employée, Anne-Marie y a été stagiaire dans le cadre d’une formation pratique réalisée en cours de baccalauréat. Dans ce contexte, elle avait pour tâche de réaliser une enquête auprès de la clientèle immigrante, afin de mesurer sa satisfaction eu égard aux services offerts par l’organisme. Pour ce faire, elle a dû mettre en pratique des techniques et des méthodes de recherche acquises grâce à son baccalauréat en anthropologie. D’autres compétences ont été mobilisées dans le cadre de sa participation à un comité ayant pour tâche de sensibiliser le public aux réalités des personnes immigrantes et pour la rédaction de différents textes pour le journal mensuel de l’organisme. 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Anne-Marie souligne que son parcours en anthropologie lui a été très utile puisque son travail l’amène à agir, en quelque sorte, comme médiatrice entre les personnes immigrantes et les bénévoles; ces derniers sont, majoritairement, Québécois d’origine. Son travail consiste à les sensibiliser au vécu et à la réalité des personnes immigrantes. Comme sa formation en anthropologie lui a permis d’acquérir une grande ouverture d’esprit et de mieux comprendre l’impact de la culture sur notre rapport au monde, il est plus facile pour elle de donner des exemples concrets aux bénévoles et aux nouveaux arrivants en ce qui a trait aux différences culturelles que ce soit au point de vue des traditions, des pratiques religieuses, ou dans des sphères plus complexes comme les valeurs ou les relations hommes- femmes. Elle doit parfois traduire certaines façons de faire ou manières d’être afin de favoriser une compréhension mutuelle. Elle note que son esprit critique, qui s’est également façonné au cours de ses années d’étude en anthropologie, lui permet de prendre du recul vis-à-vis la manifestation de préjugés ou lorsque surgissent des situations conflictuelles entre nouveaux arrivants et population établie depuis longtemps dans la région. Elles résultent souvent d’une méconnaissance et d’une incompréhension venant des deux côtés. Son travail permet à Anne-Marie de mettre à profit ses compétences d’anthropologue puisque son rôle est de résoudre les problèmes de « communication interculturelle. 

 
Charlène Guertin – Chargée de projet, Étude commerciale de la Société d'aide au développement de la collectivité (SADC) Matawinie (B.A. 2008, M.A. non terminée)

Charlène a occupé différents emplois dans le domaine municipal au cours des dernières années. Le dernier contrat exécuté au cours de l’année 2016 l’impliquait en tant que chargée de projet pour l’Étude commerciale de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) Matawinie.

En 2014-2015, toujours comme chargée de projet, elle a été associée  à une démarche intitulée Municipalité amie des aînés (MADA), qui relevait de douze municipalités et de la MRC de Matawinie, dans Lanaudière. En 2012-2013, elle était déjà impliquée dans cette démarche, tout en œuvrant à l’élaboration de la Politique familiale municipale (PFM) pour le compte de quatre municipalités de la MRC d’Autray, dans Lanaudière.

Les démarches PFM et MADA sont soutenues par le Ministère de la Famille et le secrétariat aux aînés ; elles s’étalent sur 24 mois. Elles visent la mise en place de plans d’action municipaux en vue d’améliorer la qualité de vie des aînés et des familles, via des interventions menées dans de nombreuses sphères de la vie telles que l’aménagement des lieux et des espaces publics, la sécurité, les services de santé, les services communautaires, l’habitation, les transports, l’information et les communications. Chacune des étapes de la démarche se veut participative et est ancrée dans la communauté. La première est de mobiliser la population, la deuxième de recenser les divers services et actions déjà en place dans le milieu et la troisième consiste à mettre sur pied une campagne de consultation citoyenne efficace. Les résultats de ces consultations sont ensuite compilés, analysés et présentés au comité responsable dans le but d’orienter l’administration municipale et d’obtenir des subventions permettant de concrétiser les actions considérées comme les plus appropriées.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Dans le cadre de ces différentes démarches de politique publique, Charlène a mobilisé des savoirs anthropologiques. En effet, à son avis, quand elle est au service du développement et de l’innovation sociale, l’anthropologie offre des outils théoriques et pratiques efficaces.  Elle fournit des « lunettes » à travers lesquelles il est possible de voir différentes réalités, ce qui ne semble pas toujours une évidence aux yeux de certains acteurs locaux. Le portrait qui en résulte s’avère riche en éléments de réflexion et amène une meilleure compréhension du monde.

Une autre force de l’anthropologie est mise à contribution dans l’élaboration des PFM/MADA. Il s’agit de la capacité de proposer des idées innovantes basées sur des initiatives couronnées de succès, ailleurs dans le monde, tout en tenant compte des particularités locales. Selon Charlène, il s’agit d’une qualité propre aux anthropologues et qui convoitée par les employeurs.

 

 
Claudia Richard – Animatrice de vie spirituelle et d'engagement communautaire (AVSEC), plusieurs écoles primaires de St-Jérôme (B.A. 2014)

Claudia est une anthropologue très colorée. Pendant son baccalauréat, elle a réalisé sa formation pratique en tant qu’animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC) à l’école secondaire De Rochebelle, à Québec. Par la suite, elle a cumulé, sur une période d’un an, trois formations et stages en clownerie. Ces expériences lui ont valu un premier contrat en tant qu’AVSEC à l’école De Rochebelle, en 2015. Aujourd’hui, elle occupe un poste semblable dans plusieurs écoles primaires de St-Jérôme. Son mandat consiste à préparer et animer des activités ayant pour but de contribuer au développement éducatif, spirituel et communautaire des élèves. Claudia planifie, organise et réalise l’ensemble des activités d’animation du Service de vie spirituelle et d’engagement communautaire (SASEC), dans les écoles visées, en collaboration avec les directions d’écoles, les enseignants, les parents, les communautés autochtones et divers organismes communautaires et sociaux.

Expériences professionnelles antérieures
Tout juste après avoir terminé ses études, Claudia cumulait déjà des expériences en enseignement et en animation. Elle a été animatrice de français langue seconde pour le département de l’École de langue de l’Université Laval, conférencière sur les peuples inuit à l’École secondaire Champagnat, à Lévis, animatrice, artiste et collaboratrice évènementielle pour la Société de développement commerciale du Vieux-Québec (SDC) puis animatrice, artiste, clown et comédienne pour diverses organisations. 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Dans son travail, Claudia aime apporter une touche anthropologique à ce qu’elle fait. Elle arrime les acquis de sa formation universitaire aux objectifs et à la nature spécifique du Service de vie spirituelle et d’engagement communautaire. Les AVSEC ont pour but d’être des ressources « neutres » pour les jeunes, c’est-à-dire qu’ils peuvent intervenir autant auprès d’élèves qui souhaitent bâtir des projets, et pour qui tout va bien, qu’auprès de celles et ceux qui vivent des problèmes scolaires, personnels, familiaux, ou autre. Claudia se base beaucoup sur la pédagogie de l’agir et le concept de Laboratoire de vie, basé sur l’action, l’expérience et le dialogue. Cette approche permet à l’élève de s’impliquer personnellement dans l’organisation des activités d’animations, en plus de vivre ces activités. Claudia aime son travail et s’extasie devant la confiance que lui manifestent les étudiants. Elle nous partage ceci : 

« Lorsque vous venez [nous rencontrer], madame Claudia, le temps s’arrête et on apprend ce qui est le plus important. - Mais dis-moi, qu’est-ce qui est le plus important ? - La première [chose], eh bien, c’est de prendre soin de notre intérieur et la deuxième [chose] c’est de prendre soin des Autres ; c’est tout ! » (élève de 5ième année, 2016).

 

 
Julie-Christine Lainey – Agente de recherche et de développement culturel et communautaire, Centre de développement de la formation et de la Main-d'œuvre (CDFM) huron-wendat (B.A.1998)

Emploi actuel 
Depuis 2010, Julie-Christine agit comme spécialiste de la culture huronne-wendat au sein de la petite équipe du secteur Culture, langue et patrimoine du CDFM, une division du Conseil de la Nation huronne-wendat. Son travail consiste à promouvoir la culture wendat afin d’en assurer la sauvegarde, la transmission et la diffusion en réalisant notamment des recherches sur la culture matérielle et immatérielle, en recueillant des récits de vie auprès des aînés, en mettant sur pied des ateliers de transmission des savoir-faire traditionnels, en organisant des évènements culturels, en soutenant les artistes et les artisans de la communauté et en menant des enquêtes auprès des membres de la nation sur l’identité à l’heure de la contemporanéité. Dans le cadre de son emploi, elle effectue de la  recherche de financement auprès de différents bailleurs de fonds et collabore avec différents partenaires à la mise sur pied de projets mettant en valeur la culture wendat.

Expériences professionnelles antérieures 
Alors qu’elle était à la maîtrise en anthropologie et qu’elle se destinait à une carrière de recherche terrain ou d’enseignement, Julie-Christine fut recrutée par le Répertoire des diplômés de la fonction publique qui recherchait
, à l’époque, une personne habiletée à travailler avec une clientèle autochtone. Il s’agissait d’un contrat de 6 mois comme gestionnaire de projets, responsable des programmes correctionnels pour délinquants autochtones au Service correctionnel du Canada. Son rôle consistait, entre autres, à s’assurer que les délinquants autochtones aient accès à des programmes et services adaptés à leurs besoins, à rédiger des politiques et des directives régionales sur les programmes et services aux autochtones et à former le personnel sur la culture autochtone afin de favoriser une meilleure compréhension interculturelle. Elle y demeura 7 ans. Par la suite, elle occupa un poste d’agente des services éducatifs auprès du Conseil en Éducation des Premières Nations, une commission de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador où elle travailla à mettre en place des programmes et des services qui répondent aux besoins culturels des élèves des écoles de bandes situées dans les différentes communautés des Premières Nations du Québec.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi 
Dans tous les emplois qu’elle a occupés, Julie-Christine considère ses études en anthropologie comme un outil important. En effet, l’anthropologie lui a permis de développer non seulement le sens critique, l’esprit d’analyse, le respect et l’ouverture envers l’Autre,
mais également d’appliquer, au quotidien, une approche globale qui tient compte de la diversité des points de vue et des contextes, ce qui, selon elle, s’avère particulièrement utile pour expliquer les évènements et enjeux passés ou actuels surtout dans le cadre d’équipe de travail multidisciplinaire.

 
Marie-Claire Giffard – Journaliste à la recherche, Ici Radio-Canada Québec (B.A. 2008)

Marie-Claire adore ce qu’elle fait. Sociable et curieuse, elle a suivi, au collégial, des cours en journalisme et en télévision (programme d’Art et technologie des médias du Cégep de Jonquière). Par la suite, après avoir complété un baccalauréat en anthropologie à l’Université Laval, elle a poursuivi à la maîtrise en communication publique, profil journalisme international.

Aujourd’hui, en tant que journaliste à la recherche, Marie-Claire alimente en sujets et en invités les émissions diffusées à partir de la station de Radio-Canada à Québec. Elle doit rester à l’affût de l’actualité locale, nationale et internationale en plus de surveiller ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Grâce à son éventail très large de contacts, Marie-Claire réalise des pré-entrevues pour identifier les éléments de réponse les plus pertinents dans le but de préparer les invités à répondre aisément aux questions qui leur sont posées en onde. Son travail nécessite donc un excellent sens des priorités et une grande aisance en communication, puisqu’elle peut être appelée à intervenir pendant la diffusion. Finalement, Marie-Claire collabore quotidiennement avec la salle des nouvelles et les journalistes sur le terrain ; elle intervient dans la planification des émissions, à long terme, et en assure le suivi.

Expériences professionnelles antérieures
Marie-Claire a commencé dès la fin de sa formation collégiale, en 2003, à travailler comme journaliste. Elle a fréquenté les stations d’Edmonton et de Calgary avant de s’installer dans la Vieille-Capitale. Elle a également agi comme journaliste à la radio et à la télévision.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Entre le journalisme et l’anthropologie, Marie-Claire voit plusieurs affinités. Elle soutient même que les deux disciplines sont en quelque sorte des sœurs. Dans son métier de recherchiste, elle doit faire preuve d’un sens de l’analyse aigu. De fait, l’anthropologie, tout comme le journalisme, exigent d’avoir une vision large des événements et de questionner l’information proposée. Pouvoir réfléchir sur le monde, ainsi que sur les similarités et les différences entre les individus, est une habileté essentielle chérie par les deux domaines. Il faut être équilibrée dans la manière de traiter l’information, selon Marie-Claire, et viser l’impartialité, dans le but d’établir des relations de confiance avec les individus rencontrés. Son parcours en anthropologie a nourri son esprit d’analyse et sa curiosité pour l’humain et lui a procuré des outils qui lui permettent d’appréhender de manière ouverte mais critique le monde qui nous entoure et celui des Autres. Finalement, les compétences développées en anthropologie en cueillette et en analyse de données qualitatives lui servent aujourd’hui dans la réalisation de pré-entrevues et dans la classification des éléments de réponse fournis, selon leur pertinence, en fonction des enjeux abordés.

 
Marie-Claude Goudreault – Agente de développement, Maison des femmes des Bois-Francs (B.A. 2014)

Tout récemment, Marie-Claude a obtenu l’emploi qu’elle convoitait depuis longtemps : elle est désormais agente de développement dans une Maison des femmes. Il s’agit d’un emploi permanent et à plein temps.

Expériences professionnelles antérieures
Marie-Claude s’investit depuis plusieurs années dans des domaines qui témoignent de sa passion pour le communautaire et la relation d’aide. Après l’obtention de son baccalauréat, Marie-Claude a d’abord travaillé comme animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC).

À l’automne 2016, elle agissait comme adjointe aux programmes éducatifs et aux communications pour l’organisme Solidarité Nord-Sud des Bois-Francs. Cet emploi consistait principalement à préparer, réaliser et évaluer divers programmes, comme les Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI), en collaboration avec le comité organisateur régional et national.  Elle devait planifier, réaliser et évaluer le volet jeunesse des JQSI et les ateliers sur les objectifs de développement durable (ODD) pour les Cégeps de Victoriaville et de Drummondville, en partenariat avec le Fonds pour l’éducation et l’engagement public à la solidarité internationale (FEEPSI). En outre, en lien avec les communications, Marie-Claude avait pour mandat de préparer et de diffuser des capsules vidéos sur les ODD, promouvoir les activités éducatives auprès des médias régionaux et collaborer à la publication de bulletins internes et de diverses chroniques, en plus de tenir à jour et d’animer le site internet et la page Facebook de la JQSI sur le site de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
La formation en anthropologie de Marie-Claude lui a servi dans tous les emplois obtenus depuis sa diplomation, mais celui qu’elle occupe depuis peu, et qui l’amène à intervenir auprès des femmes, concorde parfaitement avec le profil qu’elle s’est créé pendant ses études. En effet, Marie-Claude s’est intéressée aux perspectives et au mouvement féministe tout au long de son parcours, ce qui lui procure un bagage intellectuel et pratique fort pertinent. Plus particulièrement, dans les milieux communautaires, la valorisation d’une approche respectueuse envers les autres et leurs différences est essentielle, selon Marie-Claude, tout comme elle l’est en anthropologie, discipline qui prône l’ouverture d’esprit, la réflexivité et la pensée critique.

Finalement, sa formation en anthropologie a fait de Marie-Claude une citoyenne réfléchie, engagée et apte à prendre des décisions éclairées. Elle croit en ce qu’elle fait et à un engagement qui contribue à bonifier les conditions de vie des personnes auprès desquelles elle intervient.  Pour Marie-Claude : « Peu importe le métier que je pratiquerai, je vais toujours le teinter d’anthropologie. Peu importe le métier que je ferai, je serai toujours un peu anthropologue ». 

 
Marie-Hélène Beaudry – Coordonnatrice de production, recherchiste et réalisatrice, Agence Toast Media (B.A. 2014, scolarité M.A.)

Détenant un DEC en techniques de cinéma documentaire (2014) et un baccalauréat en anthropologie (2011), Marie-Hélène a un profil hors du commun qui l’a menée dans le monde du cinéma et de la télévision. Elle est actuellement coordonnatrice de production, recherchiste et réalisatrice pour l’agence Toast Media, et ce depuis mai 2016. Son travail consiste à la coordination et à la recherche pour des séries documentaires destinées à la télévision. Elle  veille à la gestion du calendrier et des équipes techniques, tout en respectant les attentes et les demandes des producteurs et des réalisateurs investis dans le projet. Par ailleurs, elle effectue de la recherche complémentaire afin de rendre les choses concrètes lors des tournages. C’est notamment en réalisant des pré-entrevues avec des gens qui peuvent potentiellement devenir des personnages de la série ou du film sur lequel elle travaille ou en poussant plus loin afin de trouver des informations supplémentaires sur un sujet ou sur un lieu de tournage qu’elle y parvient. Parallèlement, elle effectue sa maîtrise en gestion des organismes culturels et elle produit des courts métrages indépendants, lesquels ont circulé à l’occasion de différents festivals. 

Expériences professionnelles antérieures
Avant d’occuper cet emploi, elle a été réalisatrice pigiste pour MaTV à Montréal (2015-2016). Auparavant, soit de 2014 à 2015, elle a été directrice de production pour l’organisme à but non lucratif KINOMADA et a participé à l’organisation d'évènements de création de courts métrages au Mexique, en France, au Québec et au Chili. 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Pour Marie-Hélène, l’anthropologie est un atout intéressant qui lui a permis de se distinguer dans toutes les étapes de son parcours professionnel et qui lui sert chaque jour. Ce sont les techniques de méthodologie efficaces apprises tout au long de sa formation qui lui permettent de réaliser de manière précise des pré-entrevues, de la recherche documentaire et de la recherche terrain. Elle soutient que le fait de pouvoir synthétiser et vulgariser sa pensée est une force dans un métier où domine l'écriture et qu’au-delà des images se retrouvent des dossiers de recherche, des scénarios, des entrevues, de la rédaction, outils permettant de mettre les images en mots. Ces méthodes jumelées à un perfectionnement de l’espagnol par l’entremise de contrats réalisés sur le terrain au Mexique, pendant ses études en anthropologie, lui permettent d’apporter de nouveaux aspects aux projets sur lesquels elle collabore. Enfin, sa formation d’anthropologue lui a permis de développer un rapport à l’autre marqué par la sensibilité, la rigueur et le regard critique; elle peut ainsi aborder de front des sujets plus pointus ou délicats et s’adapter aux différentes situations qui se présentent à elle. 

 
Vicki Duval – Chargée de projet en verdissement agrocommunautaire, Les AmiEs de la Terre de Québec (B.A. 2011)

C’est dans le cadre du projet Milieux de vie en santé que Vicki a été embauchée par Les AmiEs de la terre de Québec, en janvier 2016, en tant que chargée de projet en verdissement agrocommunautaire. Son mandat principal : la création « d’îlots de fraîcheur comestibles » dans les quartiers Saint-Roch et Limoilou. Elle a assumé la planification, l’organisation et la coordination de l’aménagement de potagers en compagnie de divers partenaires, citoyennes et citoyens du milieu, en plus d’animer des consultations publiques et des rencontres de concertation. En outre, Vicki avait pour tâche de superviser des bénévoles, des stagiaires et des employés contractuels. Finalement, elle s’est également occupée de la gestion du projet en assurant la recherche de financement, la planification et le suivi budgétaire. Son contrat s’est terminé en décembre 2016, ce qui permet à Vicki de se préparer à une maternité prochaine.

Expérience professionnelle antérieure
Tout juste après l’obtention de son baccalauréat en anthropologie, en 2011, Vicki a obtenu un premier contrat comme organisatrice communautaire, au Centre de santé et de services sociaux de Saint-Pascal de Kamouraska.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
À la suite de son baccalauréat en anthropologie, Vicki s’est dotée d’une formation supplémentaire ; en 2015, elle recevait un diplôme d’études professionnelles en horticulture ornementale. Cette formation appliquée, jumelée à l’anthropologie, aurait largement contribué à l’obtention de son emploi aux AmiEs de la Terre. En effet, l’anthropologie lui a permis d’acquérir des outils conceptuels indispensables pour l’analyse de problématiques sociales et culturelles, dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation et les relations interculturelles. En outre, sa formation l’a menée à travailler dans le domaine communautaire, en raison de la grande capacité des anthropologues à s’impliquer dans des projets intersectoriels. Pour Vicki, mettre de l’avant, dans son environnement de travail, une notion comme l’empowerment - qui traduit un fort engagement envers la collectivité - contribue à la pérennité des projets dans lesquels elle est impliquée.

Enfin, Vicki chérit également l’esprit critique et les capacités d’analyse et de synthèse que développent les anthropologues lors de leur formation ; ils constituent des avantages certains sur le marché de l’emploi, principalement dans des environnements interdisciplinaires. Quotidiennement, Vicki met à profit d’autres compétences anthropologiques dans son milieu professionnel, comme l’aisance rédactionnelle et organisationnelle, la facilité à planifier et élaborer des projets, ainsi que la capacité à entretenir des relations interpersonnelles respectueuses.