Des emplois pour des anthropologues

Une discipline mal connue du grand public

L’anthropologie est une discipline mal connue du grand public. On l’associe ou la confond fréquemment avec l’archéologie, une discipline glorifiée par la série de films Indiana Jones, mettant en vedette Harrison Ford.

L’histoire met en scène un aventurier et professeur d'archéologie interprété par Harrison Ford qui est devenu  le héros d'une série de films, d'une série télévisée, des téléfilms, d'une série de romans et de bandes dessinées. Le premier film Les Aventuriers de l'arche perdue réalisé par Steven Spielberg en 1981, le dernier Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal en 2008.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Indiana_Jones

Image : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=638.html

 

On réduit parfois aussi notre discipline à l’anthropologie biologique, surtout depuis la populaire émission de télévision Bones qui, depuis douze saisons (2005), fait rêver en présentant une anthropologue judiciaire collaborant étroitement avec un agent du FBI.

Bones est une série policière à la fois noire et humoristique, inspirée de la vie de le l'auteur et anthropologue judiciaire Kathy Reichs. Le Dr Temperance "Bones" Brennan (Emily Deschanel) est une anthropologue judiciaire hautement qualifiée qui travaille à l'Institut Jefferson de Washington. Lorsque les corps de personnes décédées ne peuvent être identifiés, le FBI fait appel à Brennan afin qu'elle détermine les causes du décès grâce aux indices dissimulés sur les squelettes des victimes. […]Cette série américaine réalisée par Hart Hanson est maintenant à sa sixième saison et vue sa popularité se poursuit pour une septième saison.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bones

Si ce genre de publicité est intéressante parce qu’elle met de l’avant des domaines du savoir qui sont trop souvent méconnus, elle pose aussi de nombreux problèmes en créant des attentes irréalistes. L’anthropologie judicaire, par exemple, est une spécialité qui exige de longues études, un troisième cycle, offert en anglais, au Canada ou aux États-Unis. Et peut-on parler de perspectives d’emploi pour une formation aussi pointue et des employeurs aussi rares ? Ce domaine est donc réservé aux quelques « mordus » que rien ne détournera de leur objectif.
Bien que ces émissions fassent rêver, elles ne reflètent pas bien la discipline dans sa globalité, qui comprend quatre sous champs permettant, ensemble, d’appréhender l’être humain dans sa complexité biologique et culturelle, et ce, dans le passé autant que dans le présent. Selon la perspective adoptée, cette discipline fait appel à une méthodologie qui lui permet d’observer la réalité sociale ou encore d’en interpréter le sens avec rigueur. Elle fait aussi appel à un ensemble de théories qui guident la mise à distance critique et la compréhension des êtres humains dans leurs interactions avec les autres et avec la nature. Sans cesse travaillé et débattu, l’ensemble des théories et des méthodologies est constamment mis à jour. 

Ainsi, l’anthropologie dans son ensemble est constituée de quatre sous-champs majeurs : l’anthropologie sociale et culturelle (ou ethnologie), l’archéologie, l’anthropologie physique (ou biologique ou bio anthropologie) et l’ethnolinguistique (ou anthropologie du langage).








À l’Université Laval, nous avons fait le choix de nous spécialiser en anthropologie sociale et culturelle, abordant au passage l’anthropologie du langage et l’anthropologie physique, mais sans y consacrer suffisamment de cours pour que l’étudiant puisse se spécialiser.

Dans la tradition française on désigne l’anthropologie sociale et culturelle par le terme ethnologie, l’ethnographie renvoyant à l’observation minutieuse et l’anthropologie l’étape de la théorisation. La tradition anglo-saxonne se réfère à l’anthropologie pour désigner l’ensemble des quatre sous-champs.  À l’Université Laval, le programme d’ethnologie est au Département d’histoire parce qu’il s’appuie sur l’étude du folklore et de la culture matérielle de la francophonie nord-américaine.

Ce texte a été rédigé par Myriam Mallet, sous la direction de la professeure Marie-Andrée Couillard (2011).  Elle était alors étudiante au 2e cycle au Département d’anthropologie de l’Université Laval.