Professeurs

Stephanie LLOYD, professeure adjointe

Ph.D., Université McGill, 2007. Anthropologie médicale, anthropologie de la psychiatrie, études sociales de la science, épigénétique, neurosciences, génétique, suicide, trauma, violence structurelle, théories d'évolution, ethnographie, changement social, troubles de l’anxiété et de l’humeur, France, Québec.

Département d'anthropologie
Université Laval
Pavillon Charles-De Koninck
Bureau 3421
1030, avenue des Sciences humaines
Québec (QC) G1V 0A6

Téléphone : 418-656-2131 poste 7663
Courriel : Stephanie.Lloyd@ant.ulaval.ca  

 
Intérêts de recherche

Je suis anthropologue de la médecine. Mes recherches portent sur les modèles et pratiques scientifiques et leurs relations avec les théories de l’identité et du développement biosocial. J’explore en particulier les manières dont des conceptions scientifiques des troubles mentaux, la génétique et l’épigénétique reconfigurent les biographies individuelles et les croyances concernant ce qu’est être humain. Mes recherches se fondent sur des études comparatives des constructions et répercussions des classifications psychiatriques et des traitements, ainsi que sur l’ethnographie des pratiques scientifiques.

Ma première recherche comparative s’intéressait aux conséquences conceptuelles et empiriques de l’adoption de la catégorie de « phobie sociale » en France. J’ai analysé les facteurs professionnels qui ont à la fois facilité et entravé l’acceptation de cette catégorie, décrite par certains cliniciens comme reflétant la « médicalisation de l’existence ». J’ai exploré de manière approfondie l’impact de cette catégorie diagnostique sur des personnes diagnostiquées comme telles en analysant comment elles interprétaient un ensemble d'expériences comme des symptômes psychopathologiques, réécrivaient leurs biographies personnelles, s’engageaient dans de nouveaux régimes de traitement (nouvelle psychothérapie et médicaments) et participaient et créaient de nouvelles communautés (par exemple des groupes d'entraide). L’acceptation de la catégorie de phobie sociale était plus largement associée à une transformation des idéaux culturels du comportement comme devant être plus affirmé. Plus généralement, cette recherche explorait les interactions d’un savoir médical et de pratiques globalisés avec des croyances, valeurs et identités locales.

Ma recherche ethnographique actuelle examine, en collaboration avec Eugene Raikhel (University of Chicago), la construction des théories épigénétiques du suicide. L’épigénétique est un champ qui explore les modalités selon lesquelles l’expression de l’ADN est modifiée par des facteurs environnementaux à la fois au cours de la vie des individus et potentiellement entre les générations. Je m’intéresse particulièrement à la manière dont l’environnement social est conçu dans ces recherches. Plus précisément aux tensions entre les intérêts des chercheurs pour l’étude de la complexité des liens entre environnement et développement humain et leur besoin stratégique de réduire l’environnement en l’opérationnalisant dans des protocoles de recherche. De manière plus large, ma recherche interroge l’impact des théories épigénétiques sur les théories de l’évolution et de la plasticité humaine, ainsi que sur l’émergence de nouveaux programmes de recherche en anthropologie.

 
Projet de recherche

Neurosciences and the Afterlife of Death: Re-imagining Notions of Suicide Risk (IRSC 2013-16)

 
Publications

Lloyd, Stephanie et Eugene Raikhel. 2014. « L’épigénétique environnementale et le risque suicidaire : Reconsidérer la notion de contexte dans un style de raisonnement émergent », Anthropologie & Santé [En ligne], 9 | 2014. URL : http://anthropologiesante.revues.org/1568

Lloyd, Stephanie. 2013. From Spasmophilia to Social Phobia: Conversions of French Anxiety. In Troubling 'Natural' Categories: A Tribute to the Career of Margaret Lock, edited by N. Adelson, L. Butt and K. Kielmann. Montreal: McGill-Queen's University Press.

Lloyd, Stephanie, and Nicolas Moreau. 2011. Becoming ‘normal’: Normativity, ideals and disorders of mood and anxiety. Medical Anthropology 30 (6).

Lloyd, Stephanie. 2008. Morals, Medicine and Change: Morality Brokers, Social Phobias, and French Psychiatry. Culture, Medicine and Psychiatry 32:279-297.

Lloyd, Stephanie. 2008. Fieldnotes from Paris: Social Pathology and the Globalization of Sentiments. Somatosphere.

Lock, Margaret, Stephanie Lloyd, and Janalyn Prest. 2006. Genetic Susceptibility and Alzheimer's Disease: The Penetrance and Uptake of Genetic Knowledge. In Thinking about Senility: Culture, Loss and the Anthropology of Senility, edited by A. Leibing and L. Cohen. New Jersey: Rutgers.

Lock, Margaret, Julia Freeman, Rosemary Sharples, and Stephanie Lloyd. 2006. When it runs in the family: putting susceptibility genes in perspective. Public Understanding of Science 15 (3):277-300.

Lloyd, Stephanie. 2006. An Anxious Society : The French Importation of Social Phobia and the Appearance of a New Model of the Self, Anthropology, McGill University, Montreal.

Lloyd, Stephanie. 2006. The Clinical Clash over Social Phobia: The Americanization of French Experiences? Biosocieties 1 (2):229-249.

Hurley, A. C., F. R. Harvey, J. S. Roberts, C. Wilson-Chase, S. Lloyd, J. Prest, M. Lock, K. J. Horvath, and R. C. Green. 2005. Genetic susceptibility for Alzheimer's disease: why did adult offspring seek testing? Am J Alzheimers Dis Other Demen 20 (6):374-81.

Lock, Margaret, Janalyn Prest, and Stephanie Lloyd. 2002. Testing for genetic susceptibility for Alzheimer's disease and its social consequences. Paper read at 8th International Conference on Alzheimer's Disease and Related Disorders, July 2002, at Stockholm.

 
Mémoires de maîtrise

En cours

Philippe Audet, Le processus d’amélioration de la biotechnologie sur les parasportifs

 
Thèses de doctorat

En cours

Andrée-Ann Métivier (en codirection avec Marie-Andrée Couillard), Représentations et expériences de la notion de bonheur dans les "pratiques de bien-être" en Amérique du Nord